« Novak a un jeu qui me gêne beaucoup. Il est non seulement plus fort, mais en plus son jeu est difficile à dompter pour moi. On a l’impression que je dois balancer des grands coups droits du fond, mais sur le terrain, je le ressens autrement. Là, Novak commence bien, moi mal, et je me tends rapidement. Je savais avant le match que si ça se passait mal, il me fallait un plan B, jouer d’une façon différente pour essayer de le déstabiliser.
A 5-0, perdu pour perdu, c’est ce que j’ai décidé de faire. Je me suis mis au milieu du court pour le perturber au service, parce que je sais que c’est le coup sur lequel il peut se montrer le plus fébrile. Bref, j’ai essayé de rentrer dans sa tête. Ça m’a permis de grapiller quelques jeux mais aussi de me relâcher. Les gens ne sont peut-être pas prêts habitués à voir ça. Mais bon, si c’était pour prendre 6-0 en continuant à jouer « normalement », ça revenait au même, non ? Alors, j’ai essayé de proposer autre chose, un tennis plus « original », disons. Certains ont dit que je ne me battais pas, mais p…, si ! Au final, je suis revenu à 5-3, deux balles de 5-4. C’est que ma tactique n’était pas si mauvaise… »
SUR LES CRITIQUES DES COMMENTATEURS (ET NOTAMMENT JOHN MCENROE)
« Au final, je ne joue pas pour ces gens. Je joue pour moi-même, pour essayer de gagner. Tout le monde à sa propre opinion sur tout, mais personne n’est à ma place sur le court. Ces gens qui parlent et qui parlent, qu’ils viennent m’aider ! Je serais plus que ravi s’ils le pouvaient. John, je l’aime beaucoup, alors je suis triste qu’il pense ça. Tout ce que je peux lui dire, c’est « John, je fais de mon mieux ! Je suis désolé si tu penses que je ne suis pas professionnel. J’échoue, Ok, mais j’essaie jusqu’au bout, face à un joueur qui est tout simplement trop fort. »
C’est facile de me condamner après une défaite. Etre bafoué comme ça, c’est un peu dur. Après, c’est la loi du sport, des journalistes, de toute personne qui commente ce qu’il ressent On ne peut pas enlever un ressenti. Et si John a ressenti ça, j’en suis désolé, pour moi, pour mes fans et aussi pour mon équipe, qui fait un super travail avec moi. Il y a aussi un manque de respect vis-à-vis d’eux.
Alors, je m’excuse d’avoir fait ressentir ça à quelqu’un qui connaît très bien le tennis. Je suis désolé d’être différent. Mais au début, en jouant « normalement », je me faisais écraser. C’est quand je me suis mis à jouer « différemment » que j’ai gagné quelques jeux et que j’ai commencé à me relâcher. » Alors…
SUR SON SOI-DISANT « MANQUE DE PROFESSIONNALISME »
Si être différent, c’est être non professionnel, si à chaque fois que je perds contre le n°1 mondial en demi-finale d’un Grand Chelem, c’est être non professionnel, si faire un coup entre les jambes, c’est être non professionnel, si être dans le top 10 (il est assuré d’y revenir après son parcours), c’est être non professionnel, si s’entraîner tous les jours, c’est être non professionnel, si prendre du plaisir même si on se fait malmener, c’est être non professionnel, il faut qu’on m’explique ce qu’est être professionnel. Ma question est : pourquoi me dit-on ça ?
Moi, sur le terrain, j’ai la sensation de chercher, d’essayer de m’en sortir face à quelqu’un qui joue très bien. S’il avait fallu jouer avec le manche pour cela, j’aurais joué avec le manche. J’ai envie de bien faire, quoi ! Et bien faire, ce n’est pas forcément essayer de faire académique, pas forcément faire plaisir aux gens. Bien faire, c’est essayer de gagner. Et j’ai pas gagné, donc c’est facile de dire que je ne suis pas professionnel. S’il y avait eu finale, j’aurais bien aimé entendre ce qu’on aurait dit (sourire).
Mais bon, j’ai l’habitude, et je relèverai la tête. J’espère revenir plus fort, apprendre de cette défaite, et apprendre de mon « non professionnalisme » (rires). Le seul truc que je peux dire, c’est que « malheureusement », je fais le maximum pour gagner les grands tournois. Et « malheureusement », ça va bientôt venir… »
Gaël, physiquement tu es parfait. Tu n'as pas perdu un seul set jusqu'à présent. Tu as fait un parcours de champion. Alors bats le et gagne en finale. Merci.
A 5-0, perdu pour perdu, c’est ce que j’ai décidé de faire. Je me suis mis au milieu du court pour le perturber au service, parce que je sais que c’est le coup sur lequel il peut se montrer le plus fébrile. Bref, j’ai essayé de rentrer dans sa tête. Ça m’a permis de grapiller quelques jeux mais aussi de me relâcher. Les gens ne sont peut-être pas prêts habitués à voir ça. Mais bon, si c’était pour prendre 6-0 en continuant à jouer « normalement », ça revenait au même, non ? Alors, j’ai essayé de proposer autre chose, un tennis plus « original », disons. Certains ont dit que je ne me battais pas, mais p…, si ! Au final, je suis revenu à 5-3, deux balles de 5-4. C’est que ma tactique n’était pas si mauvaise… »
SUR LES CRITIQUES DES COMMENTATEURS (ET NOTAMMENT JOHN MCENROE)
« Au final, je ne joue pas pour ces gens. Je joue pour moi-même, pour essayer de gagner. Tout le monde à sa propre opinion sur tout, mais personne n’est à ma place sur le court. Ces gens qui parlent et qui parlent, qu’ils viennent m’aider ! Je serais plus que ravi s’ils le pouvaient. John, je l’aime beaucoup, alors je suis triste qu’il pense ça. Tout ce que je peux lui dire, c’est « John, je fais de mon mieux ! Je suis désolé si tu penses que je ne suis pas professionnel. J’échoue, Ok, mais j’essaie jusqu’au bout, face à un joueur qui est tout simplement trop fort. »
C’est facile de me condamner après une défaite. Etre bafoué comme ça, c’est un peu dur. Après, c’est la loi du sport, des journalistes, de toute personne qui commente ce qu’il ressent On ne peut pas enlever un ressenti. Et si John a ressenti ça, j’en suis désolé, pour moi, pour mes fans et aussi pour mon équipe, qui fait un super travail avec moi. Il y a aussi un manque de respect vis-à-vis d’eux.
Alors, je m’excuse d’avoir fait ressentir ça à quelqu’un qui connaît très bien le tennis. Je suis désolé d’être différent. Mais au début, en jouant « normalement », je me faisais écraser. C’est quand je me suis mis à jouer « différemment » que j’ai gagné quelques jeux et que j’ai commencé à me relâcher. » Alors…
SUR SON SOI-DISANT « MANQUE DE PROFESSIONNALISME »
Si être différent, c’est être non professionnel, si à chaque fois que je perds contre le n°1 mondial en demi-finale d’un Grand Chelem, c’est être non professionnel, si faire un coup entre les jambes, c’est être non professionnel, si être dans le top 10 (il est assuré d’y revenir après son parcours), c’est être non professionnel, si s’entraîner tous les jours, c’est être non professionnel, si prendre du plaisir même si on se fait malmener, c’est être non professionnel, il faut qu’on m’explique ce qu’est être professionnel. Ma question est : pourquoi me dit-on ça ?
Moi, sur le terrain, j’ai la sensation de chercher, d’essayer de m’en sortir face à quelqu’un qui joue très bien. S’il avait fallu jouer avec le manche pour cela, j’aurais joué avec le manche. J’ai envie de bien faire, quoi ! Et bien faire, ce n’est pas forcément essayer de faire académique, pas forcément faire plaisir aux gens. Bien faire, c’est essayer de gagner. Et j’ai pas gagné, donc c’est facile de dire que je ne suis pas professionnel. S’il y avait eu finale, j’aurais bien aimé entendre ce qu’on aurait dit (sourire).
Mais bon, j’ai l’habitude, et je relèverai la tête. J’espère revenir plus fort, apprendre de cette défaite, et apprendre de mon « non professionnalisme » (rires). Le seul truc que je peux dire, c’est que « malheureusement », je fais le maximum pour gagner les grands tournois. Et « malheureusement », ça va bientôt venir… »
Aller Gaël !!