Pegula s’oppose au boycott des Grands Chelems : « Ce serait une mesure extrême »
Alors que le débat du prize money dans les Grands Chelems continue de faire rage auprès des joueurs, Jessica Pegula a pris position. Contrairement à certains de ses collègues, l'Américaine espère ne pas en arriver jusqu'au boycott et qu'un compromis sera trouvé pour toutes les parties.
Ces derniers jours, un sujet est soudainement revenu sur la table dans le monde du tennis. La grande majorité des joueurs du top 10 des circuits ATP et WTA a ainsi signé une lettre dans laquelle elle dénonce la répartition inégale du prize money dans les tournois du Grand Chelem.
Ces dernières heures, Jannik Sinner a déclaré que les joueurs n’étaient pas suffisamment respectés, tandis qu’Aryna Sabalenka a estimé que les Grands Chelems devraient donner un pourcentage plus élevé des recettes réalisées pendant ces grands tournois aux joueurs.
Plusieurs autres stars du tennis ont partagé cet avis, comme Coco Gauff ou encore Elena Rybakina. En revanche, Jessica Pegula espère que le boycott ne sera pas une option envisagée par les joueurs.
« C'est formidable que Jannik et Aryna se soient montrés très francs »
La 5e mondiale, qui a dominé Zeynep Sönmez pour son entrée en lice au WTA 1000 de Rome (6-4, 6-0), est consciente que les choses doivent bouger, mais qu’un juste milieu entre les parties doit être trouvé.
« J'ai toujours participé à cette initiative visant à améliorer la communication avec les tournois du Grand Chelem afin d'augmenter le prize money, de les inciter à s'impliquer dans le bien-être des joueurs, toutes ces questions.
C'était formidable que Jannik (Sinner) et Aryna (Sabalenka) se soient montrés très francs à ce sujet, mais j'espère que nous n'en arriverons pas à un boycott, ce serait une mesure extrême.
Ce qui est clair, c'est qu'il faut faire quelque chose. C'était incroyable de les voir aborder ce sujet. Cela fait déjà de nombreuses années que nous faisons pression à ce sujet, moi comme d'autres joueurs, pour rassembler les voix les plus influentes de notre sport.
« Le tennis est un sport de la vieille école, c'est l'une des choses que nous devons changer »
Je suis prête à faire tout ce qu'il faut, à condition que nous soyons tous sur la même longueur d'onde. Nous sommes conscients que, même s’il y a une grosse différence entre les sports, l’argent est géré différemment d’une discipline à une autre.
Cependant, le tennis est un sport de la vieille école, c’est l’une des choses que nous devons changer. Parfois, le changement est une bonne chose, mais cela implique de se battre pour beaucoup de choses.
Les tournois du Grand Chelem s’en sont tirés en ne versant pas autant d’argent parce que nous sommes un sport individuel, il est donc difficile pour les joueurs de se rassembler.
Nous n’avons pas de salaire, comme les joueurs de football ou de basket-ball, nous devrons donc adopter une approche différente à cet égard. Cela va nous demander beaucoup d’efforts pour nous unir, mais je pense que cela commence déjà à se produire.
« Il est difficile pour les joueurs d'être sur la même longueur d'onde »
Ce qui rend notre sport si difficile, c'est qu'il est trop fragmenté, extrêmement fragmenté. Il est difficile pour nous, les joueurs, d'être tous sur la même longueur d'onde. En fin de compte, ce que veut le joueur, c'est aller sur le court, jouer, gagner son argent, obtenir des résultats et tout ça. Encore une fois, je sais que c'est très difficile.
C'est pourquoi ça a été formidable de voir autant de joueurs du top 10 masculin et féminin se rassembler véritablement pour cette cause. Ça a été fantastique, j'espère qu'on va enfin réussir à attirer l'attention des tournois du Grand Chelem. Je pense quand même qu'il nous faudra encore un peu de temps pour atteindre l'objectif souhaité », a assuré Pegula pour Punto de Break.