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Miami 2005 : le jour où Federer a survécu à Nadal et donné vie au mythe du « Fedal »

Sous le soleil de Floride, un jeune adulte a fait trembler le roi, avant que celui-ci ne se révolte. Ce jour-là, à Miami, Federer et Nadal ont scellé un pacte de rivalité et d’admiration qui allait bouleverser le tennis pour toujours.

Miami 2005 : le jour où Federer a survécu à Nadal et donné vie au mythe du « Fedal »
© AFP
Jules Hypolite
7 min de lecture

En 2005, le tournoi de Miami offre une finale restée, plus de vingt ans plus tard, comme l’une des références de l’histoire des Masters 1000.

Roger Federer, alors n°1 mondial incontesté, y affronte celui qui deviendra le plus grand rival de sa carrière : Rafael Nadal. Le Suisse s’impose au terme d’un match spectaculaire, après avoir remonté un retard de deux sets à zéro, dans ce qui constitue la première finale ATP entre les deux hommes.

Au-delà du titre, cette rencontre marque surtout le véritable point de départ de ce qui sera plus tard appelé le « Fedal », une rivalité faite d’intensité, d’exploits et de moments entrés dans l’histoire.

UN PREMIER DUEL À MIAMI L'ANNÉE PRÉCÉDENTE

Avant de revenir sur l’édition 2005 du tournoi floridien, il faut remonter un an plus tôt. En 2004, Roger Federer, déjà installé parmi les meilleurs joueurs du monde, croise la route du jeune Rafael Nadal sur les courts de Miami.

Le Suisse ne le sait pas encore, mais il s’apprête à vivre l’une des périodes les plus dominantes de sa carrière. Quelques mois plus tard, il deviendra le n°1 mondial que tout le circuit rêve de faire tomber.

À 23 ans, au moment d’aborder le tournoi de Miami, Federer possède déjà deux titres du Grand Chelem à son palmarès : Wimbledon, remporté l’année précédente face à Mark Philippoussis, puis l’Open d’Australie, gagné contre Marat Safin.

Avec également des titres à Dubaï et à Indian Wells, il se présente logiquement comme le grand favori lorsque Nadal, seulement âgé de 17 ans, se dresse face à lui au troisième tour du Masters Series de Miami.

Mais à la surprise générale, le Suisse chute. Nadal s’impose sèchement 6-3, 6-3. Sans que personne ne le sache encore, il s’agit du premier duel d’une rivalité mythique, qui comptera au total 40 confrontations sur le circuit ATP.

FEDERER PRESQUE INTOUCHABLE, NADAL EN PLEINE ASCENSION

« J’ai été impressionné par ce que j’ai vu », avait confié le n°1 mondial après sa défaite surprise face à Nadal. Mais il est encore loin d’imaginer qu’un an plus tard, les deux hommes se retrouveront en finale à Miami, avec un niveau de jeu bien supérieur et des enjeux bien différents.

Entre ce revers face à l’Espagnol et leurs retrouvailles en 2005, Federer a changé de dimension. Le Suisse a ajouté deux nouveaux titres du Grand Chelem à son palmarès — un deuxième Wimbledon et un premier US Open — tout en conservant le Masters de fin d’année.

Surtout, depuis l’été 2004, il ne s’incline qu’à deux reprises : d’abord aux Jeux olympiques face à Tomas Berdych, puis au terme d’un match épique contre Marat Safin en demi-finale de l’Open d’Australie. Une domination presque totale qui fait de lui le joueur à battre sur le circuit.

De son côté, Nadal poursuit une progression fulgurante malgré son jeune âge. À seulement 18 ans, le Majorquin a déjà remporté deux titres en ce début de saison 2005, sur terre battue, à Costa do Sauipe puis à Acapulco.

Lorsqu’il arrive en Floride, il n’est encore que 31e mondial, mais son potentiel ne fait déjà plus aucun doute.

Nadal se fraye un chemin jusqu'en finale

© commons.wikimedia.org/wiki/File:Rafael_Nadal_2006.jpg

Tête de série n°1, Federer ne concède que deux sets avant la finale, face à Mariano Zabaleta puis Mario Ancic, seuls joueurs capables de le pousser dans ses retranchements.

Nadal, tête de série n°29, trace sa route jusqu’en finale, profitant notamment de la sortie précoce du n°2 mondial Andy Roddick.

Schuettler, Verdasco, Ljubicic, Johansson puis Ferrer cèdent face au gaucher espagnol, qui confirme, un an après son exploit contre Federer, qu’il devient de plus en plus redoutable sur dur.

Sous la houlette de son oncle Toni Nadal, le Majorquin reste d’ailleurs sur une série de 15 victoires consécutives au moment d’affronter celui qui deviendra son plus grand rival.

« Il met énormément d'effet dans ses coups droits »

© commons.wikimedia.org/wiki/File:Federer_Ohio_(2008)_1.jpg

« J’étais en forme en Amérique du Sud, avec un bon niveau de jeu. Gagner deux tournois de suite, c’est bon pour la confiance. J’étais un peu nerveux en début de tournoi. [...] L’année dernière, Federer n’a pas bien joué. Si je joue bien et qu’il joue bien, il gagnera. », assure Nadal avant son duel très attendu contre le Bâlois.

Federer, lui ne cache pas son impatience avant ce deuxième face-à-face : « J’ai hâte de le jouer. L’année dernière, je n’étais jamais rentré dans le match. Je n’avais eu aucune balle de break. Il met énormément d’effet dans ses coups droits. »

Ce coup droit, véritable signature de Nadal, va longtemps faire souffrir Federer. Le jeune Espagnol prend le contrôle du match et mène 6-2, 7-6, 4-1. Le Suisse semble sans solution, et personne n’imagine alors le n°1 mondial capable de renverser une finale qui paraît déjà promise à son adversaire.

Federer évacue sa frustration, puis se relance

Mais si Federer est considéré comme presque intouchable à cette époque, ce n’est pas un hasard : pour le battre, Nadal va devoir faire preuve d’une solidité exceptionnelle au moment de conclure.

Encore un peu tendre dans les moments clés, le Majorquin finit par céder son break. Malgré ce retour au score, le Suisse se frustre comme on l’a rarement vu sur un court.

À 4-4, alors que Nadal obtient une balle de jeu, Federer manque un smash. L’Espagnol s’encourage, tandis que le Suisse, furieux, jette sa raquette au sol. Un geste inhabituel, mais qui va agir comme un déclic.

Piqué au vif, Federer se révolte et hausse son niveau de jeu pour faire vaciller son futur grand rival. Dans le tie-break Nadal mène 5-3 et se retrouve à deux points du titre, mais le Suisse refuse d’abdiquer. Il remporte les quatre points suivants et, soudain, relance complètement cette finale. L’occasion vient de passer pour Nadal.

Intraitable dans les deux sets suivants

Alors qu’il était dos au mur, à quelques points de céder cette finale, voilà le n°1 mondial de retour. Les deux sets suivants seront d’une facilité déconcertante pour celui qu’on surnomme le Maestro : 6-3, 6-1. Federer a laissé passer l’orage, puis s’est révolté.

Après 3h42 de jeu sur le court central de Key Biscayne, le Suisse peut enfin exulter. Il s'impose 2-6, 6-7, 7-6, 6-3, 6-1, décroche son premier titre à Miami et, surtout, signe sa première victoire face à un Rafael Nadal déjà redoutable.

En conférence de presse, Federer ne cache pas combien l’Espagnol l’a poussé dans ses retranchements :

« J’étais très inquiet après le premier set. Je ne perds pas souvent un set 6-2, et cela montre à quel point j’étais en difficulté. Il est gaucher, c’est quelque chose auquel je dois m’habituer.

Le temps que je parvienne à lire son jeu, j’étais déjà mené d’un set et d’un break. Je suis très fier de m’en être sorti et de ma réaction. C’est incroyable d’avoir pu survivre à tout cela. Je sais que Rafa deviendra un grand joueur. »

Nadal se vengera à Roland-Garros

Nadal quitte la Floride forcément frustré, mais le jeune Espagnol peut se targuer d’avoir fait vaciller celui qui dominera encore le classement mondial pendant plusieurs saisons.

Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si c’est lui qui finira par lui succéder au sommet du tennis mondial en 2008, comme si cette finale avait déjà des allures de passage de témoin.

« Satisfait (de son niveau de jeu), mais pas du résultat », Nadal prendra sa revanche quelques semaines plus tard sur sa surface de prédilection. Un mois après Miami, il triomphe à Monte-Carlo, avant de confirmer à Roland-Garros, où il domine justement Federer en demi-finale (6-4, 4-6, 6-4, 6-3).

« C’était une victoire importante, car j’étais encore très jeune »

Quatorze ans plus tard, dans une interview pour USA Today, Federer reviendra sur cette finale restée comme l’une des victoires les plus marquantes de sa carrière :

« En 2005, quand j’ai gagné en cinq sets à Miami contre Rafa, c’était très important pour moi, surtout après avoir été mené deux sets à zéro avec un break de retard. J’ai réussi à trouver un moyen de m’en sortir.

Cela m’a montré que j’avais beaucoup de caractère sur le court, et j’ai appris énormément sur moi-même pendant ce match. C’était une victoire importante, car j’étais encore très jeune. »

De son côté, Nadal reconnaîtra lui aussi l’importance de ce duel fondateur : « Ce match contre Roger à Miami était incroyable. »

UNE FINALE FONDATRICE POUR LA RIVALITÉ FEDERER-NADAL

© AFP

Car au-delà du simple résultat, cette finale marque surtout le début d’une ère, celle d’une rivalité qui allait marquer toute une génération de fans.

À partir de ce duel de 2005, Roger Federer et Rafael Nadal ne se quitteront plus, se retrouvant à 40 reprises sur le circuit ATP, dont neuf finales de Grand Chelem, pour un bilan de 24 victoires à 16 en faveur de l’Espagnol.

Si la rivalité « Fedal » avait bien commencé en 2004 à Miami, c’est véritablement l’année suivante que sa première pierre est posée, lorsqu’un jeune joueur de 18 ans se montre capable de faire vaciller celui que l’on croyait alors intouchable.

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XMAN4
XMAN4 • 175 abonnés
Grande Rivalité ? Federer a juste été très en dessous de Nadal : en 14 duels en Grand Chelem, Nadal en a gagné 10, soit plus de 70% ! Parmi les 4 victoires de Federer, la finale de Wimbledon 2008 en 5 sets et celle de l'Australie 2017 aussi en 5 sets.


beaucoup de choses fausses... qui m'amène à me demander si tu connais bien ton sujet ?
Federer ne gagne pas la finale WIM2008, non Nadal n'a pas gagné plus de 70% de leur duels GC.
14 duels en GC entre les 2 dont 6 à RG tous gagnés par Rafa et c'est précisément l'écart de victoires entre les 2 dans leur h2h GC mais y a pas que les GC , dans les autres tournois ( Masters-M1000 etc...) c'est très serré 14-12 pour Rafa.

si on regarde en détail, Federer est devant au h2 sur dur et gazon mais très largement dominé sur ocre par Rafa.
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Philippe CAL
Philippe CAL • 5 abonnés
« Un tableau plus ouvert » avec « Schuettler, Verdasco, Ljubicic, Johansson puis Ferrer » ? Elle est bien bonne celle-là !! Quelle méconnaissance des tableaux de l'époque, c'est dingue... On peut au contraire difficilement faire pire, surtout que l'on parle du Nadal de début 2005
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Philippe CAL
Philippe CAL • 5 abonnés
Pour rappel, Johansson gagne l'Australian en 2002, Schüttler y fait finale en 2003 et Ljubičić fera demie à Roland en 2006 (contre Nadal justement; Federer galérait souvent contre lui d'ailleurs). Entre autres... J'évoque ces 3 là pcq certains ici ne doivent même pas savoir qui c'est, à l'inverse de Verdasco et Ferrer.
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laurentdu78
laurentdu78 • 0 abonnés
Grande Rivalité ? Federer a juste été très en dessous de Nadal : en 14 duels en Grand Chelem, Nadal en a gagné 10, soit plus de 70% ! Parmi les 4 victoires de Federer, la finale de Wimbledon 2008 en 5 sets et celle de l'Australie 2017 aussi en 5 sets.

Nadal a été tout simplement trop fort pour le Suisse pendant leur 15 années de duels.

Djokovic Nadal est de loin le plus grande et ́a plus incroyable rivalité. Même Djokovic Federer est au dessus .
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Philippe CAL
Philippe CAL • 5 abonnés
69,99 % Laurent, il faut être précis que Diable !
1 réponses
XMAN4
XMAN4 • 175 abonnés
« Un tableau plus ouvert » avec « Schuettler, Verdasco, Ljubicic, Johansson puis Ferrer » ? Elle est bien bonne celle-là !! Quelle méconnaissance des tableaux de l'époque, c'est dingue... On peut au contraire difficilement faire pire, surtout que l'on parle du Nadal de début 2005


désolé mais pour le coup , je me demande si la méconnaissance des tableaux de l'époque ne peut pas t être reproché.

Ferrer en mars /avril 2005 n'est pas TDS donc hors top 30 et n'a aucune perf notable sur dur jusque là.
Verdasco, en 2005, no comment il n'est pas top 30 aucune perf notable non plus sur dur , on est 4 ans avant son épopée australienne.

Nadal aurait pu avoir un tableau plus dur? certainement, personne ne parle d'un tableau en mousse.
Roddick TDS2 abandonne vs Verdasco avant un potentiel duel au 3e tour contre Rafa, Ferrer au lieu d un potentiel duel avec Nalbandian TDS8 en 1/2, Ferrer qui était mené 1 set à 0 au 2e tour contre une TDS avant de s'en sortir sur disqualification de cette dernière.
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XMAN4
XMAN4 • 175 abonnés
2005 était censée être une " week era" ... 21 ans plus tard je pense qu il faut reconsidérer cette appellation. ^^
Sur le moment c est paraissait dingue, anormal que Federer soit passé à 1 jeu de perdre en 3 sets une grande finale sur dur face à un gamin de 18 ans qui n’avait pas fait ses preuves sur dur....ils ne sont pas encore joués sur ocre et déjà Rafa montrait qu il avait un jeu qui gênait énormément Federer ( miami 2004-2005) et l année suivante il le bat sur le dur très rapide de dubai.
Mais Rafa va vite confirmer son potentiel qq mois après cette finale en remportant 2M1000 dur cette saison dont 1 en tapant Agassi encore top 10.
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