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Le premier sacre de John Isner en Masters 1000 : Miami 2018, un grand bonheur en guise de consécration

En 2018, John Isner a écrit la plus belle page de sa carrière en remportant le tournoi de Miami. Ce titre en Floride représente la récompense d’un joueur à la persévérance sans faille alors qu’il avait réalisé jusque-là un début de saison très compliqué.

Le premier sacre de John Isner en Masters 1000 : Miami 2018, un grand bonheur en guise de consécration
© MANUEL MAZZANTI / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Adrien Guyot
10 min de lecture

Joueur professionnel entre 2007 et 2023, John Isner est connu pour sa grande taille (2m08) et son service, arme privilégiée de son jeu. Ancien 8e mondial à son meilleur classement, l’Américain a concouru pendant la majeure partie de sa carrière dans la même période que le fameux Big 3.

Mais malgré la présence des trois monstres sacrés du tennis, le natif de Greensboro en Caroline du Nord a réalisé une carrière plus qu'honorable. Souvent moqué pour sa taille, Isner a malgré tout su faire preuve de régularité sur le circuit ATP pour remporter 16 titres en simple (sur 31 finales).

Longtemps, dans sa carrière, Isner a couru après un grand titre. Après plusieurs finales en Masters 1000, l’Américain a connu la plus grande joie de sa carrière à Miami, en 2018.

Lors de la dernière édition organisée au Tennis Center de Crandon Park à Key Biscayne, l’Américain a réalisé le tournoi de sa vie pour s’offrir un immense bonheur à domicile. Retour sur ce parcours qui a alors récompensé la persévérance d’un joueur solide.

UN DÉBUT DE SAISON 2018 TRÈS COMPLIQUÉ POUR ISNER AVANT MIAMI

Lorsqu’il aborde le tournoi de Miami en 2018, John Isner n’était pas dans la meilleure forme de sa carrière. Cette saison-là, il démarre par six défaites lors de ses sept premiers matchs. Battu au premier tour de l’Open d’Australie en quatre sets par Matthew Ebden, il débute son Sunshine Double par une défaite contre Gaël Monfils à Indian Wells après avoir manqué une balle de match (6-7, 7-6, 7-5 en 2h36).

Le Masters 1000 de Miami, un événement qui ne portait pas bonheur à Isner jusque-là

D’ailleurs, Miami est un tournoi qui, jusqu’à ce moment-là, ne lui avait que très peu réussi dans sa carrière. En dix précédentes participations, il n’avait disputé qu’une seule demi-finale, en 2015 contre Novak Djokovic.

Deux huitièmes de finale (2011 et 2014) viennent s’ajouter à cela, mais Isner n’avait pas su dompter les conditions de jeu de l’ancien complexe du tournoi organisé en Floride.

Mais lors de ce Masters 1000 de Miami en 2018, les planètes vont s’aligner jusqu’à la finale pour Isner. Tête de série numéro 14 à l’époque, il avait été exempté de premier tour et avait effectué son entrée en lice au deuxième tour contre Jiri Vesely. L’Américain avait d’ailleurs dû s’employer (7-6, 1-6, 6-3 en 2h05) pour se qualifier.

En seizièmes de finale, il a dominé Mikhaïl Youzhny en deux manches (6-4, 6-3 en 1h20), avant d’écarter l’une de ses bêtes noires, en la personne de Marin Cilic, en huitièmes (7-6, 6-3 en 1h27). Face au Croate, Isner avait perdu les six premières confrontations et était alors mené 7-2 dans les confrontations directes.

© AFP

Le déclic d’Isner contre sa bête noire Cilic et la confirmation pour stopper la série de Del Potro

L’Américain a réussi à trouver la clé pour dominer Cilic, qui avait atteint la finale de l’Open d’Australie deux mois auparavant contre Roger Federer et qui se présentait en confiance et avec le statut de tête de série numéro 2 du tournoi.

Cependant, c’est bien Isner, doucement mais sûrement, qui a accumulé les victoires pour rejoindre les quarts de finale. À ce stade de la compétition, c’est la révélation Chung Hyeon qui se présentait face à lui.

Quelques semaines plus tôt, le joueur sud-coréen disputait les demi-finales de l’Open d’Australie après avoir enchaîné des victoires de prestige contre Daniil Medvedev, Alexander Zverev et Novak Djokovic. Quart de finaliste à Indian Wells juste avant, Chung était donc un gros test pour Isner.

Mais dans cette partie, Isner a su faire parler son expérience. En à peine 1h08 de jeu, l’Américain a fait le travail (6-1, 6-4) pour rallier sa deuxième demi-finale dans la ville floridienne.

Dans le dernier carré justement, c’est un choc contre Juan Martin Del Potro, qui était toujours en lice pour réaliser le Sunshine Double après son sacre à Indian Wells, qui l’attendait.

Alors que l’Argentin restait sur 15 succès de suite entre ses titres à Acapulco, Indian Wells et son début de tournoi à Miami, Isner avait décidé de sortir le grand jeu : aucune balle de break concédée, 13 aces et un succès en deux sets qui lui ouvrait les portes d’une quatrième finale dans cette catégorie de tournois (6-1, 7-6 en 1h23).

UNE FINALE RENVERSANTE ET MÉMORABLE POUR ISNER CONTRE ZVEREV

Le dernier obstacle qui se dresse sur la route d’Isner dans sa quête de titre en Masters 1000 s’appelle Alexander Zverev. L’Allemand, tête de série numéro 4, avait réussi un tournoi de haut niveau en éliminant d’abord Daniil Medvedev et David Ferrer en trois sets. Ensuite, il était venu à bout de Nick Kyrgios, Borna Coric et Pablo Carreño Busta en deux manches.

Isner visait un premier succès en carrière contre Zverev lors de la finale à Miami

Au moment de cet affrontement, Zverev avait remporté les trois affrontements précédents face à Isner. Mais touché par la grâce, et mené d’un set puis d’un break (7-6, 4-3 service à suivre en faveur de l’Allemand), le joueur alors âgé de 32 ans et 11 mois a réussi à renverser la situation (6-7, 6-4, 6-4 en 2h30).

Après un dernier ace, Isner pouvait laisser tomber sa raquette et savourer. Sous le soleil du “Sunshine State”, l’Américain soulevait le plus grand trophée de sa carrière. Son jeu offensif et ses montées incessantes ont fini par étouffer un Zverev nerveux et qui a craqué au pire moment sur son service dans la troisième manche.

« Je n’aurais jamais imaginé me retrouver sur une scène comme celle-ci pour recevoir un trophée des mains de James Blake. L’ambiance était électrique, c’était incroyable. Ce genre de moment est unique. Je suis en fin de carrière, et c’est le plus beau moment.

© AFP

« Au début du deuxième set, j’ai trouvé un second souffle »

C'est pendant le premier set que j'ai été le plus fatigué de tout le match. Au début du deuxième set, j'ai retrouvé un second souffle et je me suis senti beaucoup mieux. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

C'est sûr que l'adrénaline m'a aidé. J'ai réussi à prendre l'avantage 5-4 dans le deuxième set et j'ai tenu bon de justesse pour aller au troisième. Dès qu'on commence à prendre un peu confiance, tout se met à rouler de son côté.

J'ai continué à me battre et je me suis simplement tenu à mon plan. J'étais tout simplement prêt pour ce moment. J'ai déjà disputé trois autres finales de Masters 1000 et je les avais toutes perdues », avait alors assuré Isner pour les médias du Miami Open après son sacre.

Quelques mois plus tard, en juillet 2018, le principal intéressé a expliqué pour les médias de l’ATP les raisons qui lui ont permis de remporter ce prestigieux titre aux États-Unis. Selon lui, le déclic a eu lieu juste avant à Indian Wells, grâce à son titre remporté avec Jack Sock contre les frères Bryan (7-6, 7-6).

« Gagner le double à Indian Wells a été quelque chose de très important »

« J’ai commencé la saison par un bilan d’une victoire et six défaites. Je n’avais pas un mauvais état d’esprit, mais je perdais beaucoup de matchs serrés. N’importe quel joueur de tennis pourra vous le dire : quand vous perdez plusieurs rencontres accrochées et indécises à la suite, cela finit par vous peser.

J’en étais arrivé à un point où j’étais épuisé mentalement et j’étais frustré parce que pendant certains moments cruciaux, je n’ai pas joué mon jeu. Mais je savais également que je n’étais pas si loin de retrouver confiance. Si j’arrivais à faire en sorte que les choses tournent un peu plus en ma faveur, je pourrais m’appuyer sur cela », démarre Isner.

« Parvenir à rester positif après un début de saison aussi compliqué ne vient pas que de moi-même, mais également du fait que j’avais une excellente équipe autour de moi qui n’a jamais cessé de croire en mes capacités.

Le tout en continuant à s’assurer que je faisais toujours le travail nécessaire sur et en dehors du court. Quand j’ai commencé à m’entraîner pour préparer Miami, cela a simplement été une question de travailler quelques petits détails ici et là sur le plan mental.

Je pense aussi que gagner le double à Indian Wells avec Jack (Sock) a également été quelque chose de très important parce que j’ai enfin réussi à renouer avec ce sentiment de victoire.

Même si c’était du double et que c’est une discipline bien différente du simple, j’ai vécu ce titre comme un véritable regain de confiance. Lorsqu’il a fallu entrer sur le court pour des matchs de simple, j’étais davantage préparé à jouer mon meilleur tennis », développe ainsi Isner.

2018, LA MEILLEURE SAISON DE LA CARRIÈRE DE JOHN ISNER

« J’ai fait un match correct lors de mon premier match (contre Vesely), puis c’était déjà bien mieux lors des deux rencontres suivantes (face à Youzhny et Cilic). Je pense que ma confiance a simplement grimpé à ce moment-là.

Lorsque je suis entré sur le court pour disputer mon quart de finale, je sentais que je jouais bien, et sur ce match (contre Chung), je faisais tout ce qu’il fallait bien faire tactiquement.

« Je sais que je dois continuer à travailler dur, parce que je peux vite redescendre au classement »

À cet instant, je savais que si je continuais à faire ce que je faisais, j’avais de bonnes chances de soulever ce trophée. Quand j’ai battu Del Potro et que j’ai atteint la finale, j’étais prêt. Je sentais que c’était mon moment. J’ai vraiment disputé ce match en donnant tout et en étant acteur de ma performance », se souvient-il.

« J’ai perdu les quatre derniers points du tie-break du premier set, et j’étais physiquement cuit. Mais je voulais continuer à me battre, et c’est ce que j’ai continué à faire. Les choses ont alors commencé à tourner en ma faveur. Sur la balle de match à 40-0 sur mon service, je voulais vraiment aller sur le T.

J’adore le service slicé du côté des avantages, mais je me suis dit que Zverev pouvait anticiper un service extérieur. Je me suis dit de servir fort sur le T, et que si j’arrivais à toucher ma zone, le match serait terminé. Heureusement pour moi, c’est exactement ce qu’il s’est passé », assurait le joueur américain.

« Ce titre va vraiment m’aider pour aller de l’avant, que ce soit en termes de confiance ou de jeu. Je n’ai pas envie de me reposer sur mes lauriers et je sais que je dois continuer à travailler dur, parce que sinon, je peux vite descendre au classement. Je sais de quoi je suis capable. C’est à moi de faire ce qui est nécessaire à l’avenir », concluait-il ainsi à l’été 2018.

© AFP

2018 : une demi-finale à Wimbledon, un quart à l’US Open et une unique participation au Masters

Dans la foulée, les mots de John Isner vont être suivis par des actes, et il réalisera la meilleure saison de sa carrière sur le circuit ATP. En 2018, après avoir soulevé le trophée à Miami, il atteint son unique demi-finale en Grand Chelem à Wimbledon, où il décrochera par la même occasion son meilleur classement (8e).

Après des victoires contre Stefanos Tsitsipas et Milos Raonic, l’Américain a ensuite chuté dans un match mémorable contre Kevin Anderson, perdu 26-24 au cinquième set après 6h36 d’un combat riche en rebondissements aux portes de la finale.

Il dispute également les quarts de finale de l’US Open, où Juan Martin Del Potro prend sa revanche par rapport à la demi-finale de Miami. Sa constance dans les gros tournois lui ouvre ainsi les portes des ATP Finals de Londres qui réunit les huit meilleurs joueurs de la saison sur le circuit principal.

Une deuxième finale consécutive pour Isner à Miami en 2019

Pour la première (et dernière fois) de sa carrière, Isner dispute le Masters. Opposé à Novak Djokovic, Marin Cilic et au futur vainqueur Alexander Zverev, il perd ses trois rencontres et quitte le tournoi dès la fin de la phase de poules. En 2019, il brillera à nouveau au Masters 1000 de Miami et disputera une deuxième finale consécutive en Floride.

Lors de la première édition au nouveau complexe du Hard Rock Stadium, Isner n’a pas tardé à prendre ses repères, et n’a pas perdu la moindre manche pour rallier la finale après avoir dominé Sonego, Ramos-Viñolas, Edmund, Bautista Agut et Auger-Aliassime. Sur les dix sets disputés, il en a gagné neuf au tie-break. Mais Roger Federer l’avait empêché de réaliser le doublé (6-1, 6-4).

LE SACRE D’ISNER À MIAMI EN 2018, UN EXEMPLE DE PATIENCE ET DE RÉSILIENCE

Le titre de John Isner au Masters 1000 de Miami signifie bien plus qu’un simple triomphe pour l’Américain. Il incarne également la résilience d’un athlète qui, malgré les obstacles et une forte adversité (le Big 3 notamment) tout au long de sa carrière, n’a jamais perdu de vue ses ambitions.

Ce moment de gloire lui a permis non seulement de savourer le succès, mais aussi de retrouver la confiance nécessaire pour briller lors des tournois suivants. Ce sacre à Miami a marqué un tournant dans sa carrière. Il lui a permis d’atteindre de nouveaux sommets et de rejouer la finale de ce même tournoi floridien l’année suivante dans un autre complexe.

Sources
TennisTemple : « Le premier sacre de John Isner en Masters 1000 : Miami 2018, un grand bonheur en guise de consécration »
Miami
Miami
Tableau
Alexander Zverev
#3, 5805 points
Isner J • 14
Vesely J
7
1
6
6
6
3
Isner J • 14
Youzhny M
6
6
4
3
Isner J • 14
Cilic M • 2
7
6
6
3
Chung H • 19
Isner J • 14
1
4
6
6
Del Potro J • 5
Isner J • 14
1
6
6
7
Zverev A • 4
Isner J • 14
7
4
4
6
6
6
Isner J • 7
Federer R • 4
1
4
6
6
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