Gauff sur le boycott des Grands Chelems : « Ce serait envisageable à 100 % »
Coco Gauff prend position sur la polémique des gains en Grand Chelem et valide en partie le discours d’Aryna Sabalenka. L’Américaine évoque aussi un possible boycott, tout en appelant à une décision collective et à un vrai débat entre joueuses.
Depuis la prise de parole d’Aryna Sabalenka, consécutive à la publication d’une lettre des joueurs critiquant la répartition des gains en Grand Chelem, de nombreuses joueuses montent au créneau.
Si Elena Rybakina a déjà apporté son soutien à la Biélorusse, c’est désormais au tour de Coco Gauff, numéro 4 mondiale et figure majeure du circuit, de donner son avis en conférence de presse à Rome.
« Oui, d’une certaine manière, je suis d’accord avec ce qu’Aryna a dit, surtout si je regarde ce que la WNBA (Basket féminin) a accompli. Ils ont un syndicat, et je pense que cela aide énormément.
Nous devons nous organiser d’une manière ou d’une autre. On peut mettre la pression via les médias, mais peu importe combien de fois nous prenons la parole, les choses continueront comme avant.
Je suis d’accord avec Aryna, et je pense que beaucoup d’autres joueurs partagent cet avis. »
« Ce n’est pas seulement une question personnelle, mais l’avenir de notre sport »
Interrogée ensuite sur la menace de boycott des tournois du Grand Chelem évoquée par Sabalenka, l’Américaine s’est montrée plus mesurée :
« Je n’ai pas encore pris part à de véritables discussions sur un sujet aussi important qu’un éventuel boycott.
Peut-être que certains joueurs en ont parlé entre eux, mais personnellement, je n’ai jamais vraiment abordé ce sujet sur le circuit.
Cela dit, si nous étions tous unis et que nous avancions dans la même direction, oui, ce serait envisageable à 100 %.
Ce n’est pas seulement une question personnelle, c’est une question qui concerne l’avenir de notre sport.
Aujourd’hui, les joueurs ne bénéficient pas des mêmes avantages que dans d’autres disciplines, notamment en ce qui concerne les revenus globaux et les sponsors.
« Les progrès réalisés depuis l’année dernière sont encourageants »
Certes, certains gagnent beaucoup d’argent en dehors des courts, mais si l’on regarde les joueurs classés entre la 50e et la 200e place mondiale, au vu des revenus générés par les tournois du Grand Chelem, la situation reste discutable. Dans d’autres sports majeurs, ce type de débat n’existe même pas.
Si tout le monde était d’accord, alors oui, cela pourrait se faire. Mais je ne voudrais pas être la seule à franchir ce pas. Imaginez si j’étais la seule à ne pas jouer… (sourire)
C’est précisément pour cela qu’un vrai débat est nécessaire. Nous devons en parler entre joueurs, échanger et prendre une décision collective. Nous devons agir ensemble.
Aujourd’hui, nous avançons dans la bonne direction. Les progrès réalisés depuis l’année dernière, notamment avec un Top 10 uni sur certains sujets, sont encourageants.
Cela n’était pas arrivé depuis longtemps dans notre sport. Il y a du progrès, mais nous pouvons encore faire davantage. »
À la limite, en donnant plus aux joueurs des challengers et des futurs, ça ferait plus.
Car il faut voir ce que représente un 1er tour en GC pour un top 100.
Je prends un exemple : l'actuel 99è : Vukic
On est en début mai et il a gagné 205 413 dollars en 13 tournois (2026) dont 108 000 dollars= 150 000 dollars australiens en perdant au 1er tour de l'Open d'Australie. C'est dire l'importance financière de pouvoir participer à un GC pour ce type de joueurs. J'ai pris Vukic parce qu'il était proche du top 100.
Sur l'année dernière 2025, il engrange 1066 366 dollars en effectuant 35 tournois. Il joue les 4 GC et remporte 3 matchs au total dans ces compétitions. La somme totale de ses gains en GC dans l'année correspond à 445 700 dollars (conversions faites), soit presque la moitié de ses gains. C'est donc essentiel pour ce type de joueur.