« Quand on est incarcéré, on perd littéralement tout » : Boris Becker se confie sur ses mois en prison
L’ancien numéro un mondial se confie sur ses mois en prison, la disparition d’une grande partie de son entourage et le rôle essentiel joué par son épouse Lilian.
La vie de Boris Becker a connu des sommets incroyables avant de basculer dans une période beaucoup plus compliquée.
Révélé au monde entier à seulement 17 ans après son sacre à Wimbledon en 1985, l’Allemand est rapidement devenu une légende du tennis.
Mais derrière le succès, son parcours a aussi été marqué par de nombreuses difficultés. En 2022, il a notamment été condamné au Royaume-Uni pour des infractions liées à sa faillite et a passé huit mois en prison.
« Quand on est en prison, on perd vraiment tout. Il ne reste plus que votre personnalité et votre caractère. Il faut alors se regarder en face et se demander : "Qui suis-je vraiment ? Est-ce que cette épreuve va me détruire ou me rendre plus fort ?" », a-t-il expliqué au Telegraph.
Depuis sa sortie, l’ancien numéro un mondial tente de repartir sur de nouvelles bases. Installé à Milan avec sa troisième épouse, Lilian, et leur fille Zoe, âgée de sept mois, Becker affirme avoir retrouvé un équilibre trois ans et demi après sa libération.
« Je dirais que 90 % de mon ancien entourage a disparu »
« Je dirais que 90 % de mon ancien entourage a disparu. Dans la rue, je vois des gens me regarder et secouer la tête en disant : "On n’arrive pas à croire que tu sois de retour. Comment as-tu fait ?"
Et je me demande alors : "Comment dois-je comprendre ça ? Est-ce que vous êtes heureux pour moi ou pas ?"
C’est la réaction que j’entends le plus souvent. Dans la vie privée comme dans le monde professionnel, beaucoup de gens ont du mal à croire que je sois de nouveau libre, actif et de retour dans les affaires. »
« L’homme de 58 ans n’a pas vraiment le droit de vivre »
Après avoir longtemps été une immense star en Allemagne, Becker a choisi de reconstruire sa vie en Italie.
« Les Allemands, avec tout le respect que je leur dois, pensent parfois que je leur appartiens.
Comme s’ils étaient propriétaires de moi, et surtout de ce garçon de 17 ans. J’ai parfois l’impression que l’homme de 58 ans n’a pas vraiment le droit de vivre, d’avoir ses propres opinions, d’être en désaccord ou de dire non.
En Italie, je n’appartiens pas au pays. Les gens m’apprécient, ils me connaissent et, je l’espère, me respectent. Cela rend mon quotidien beaucoup plus facile à gérer.
On choisit souvent la plus belle ville, donc généralement la capitale. Mais nous nous sommes dit que ce serait peut-être trop "italien" pour moi. Elle avait totalement raison. »
« Que vais-je faire une fois libre ? »
Après ses difficultés financières et judiciaires, Becker affirme avoir compris l’importance de la discipline et de la responsabilité personnelle. Il explique avoir commencé à réfléchir à son avenir alors qu’il était encore en prison.
« Chaque mois, les choses deviennent un peu meilleures. On se rapproche de soi-même. On se demande : "Qu’est-ce qui a mal tourné pour que je me retrouve à Wandsworth ?" Il faut être convaincu qu’on va réussir à s’en sortir. Ensuite, la question devient : "Que vais-je faire une fois libre ?"
C’est pour cela que mon retour a été rapide : je m’y préparais déjà en prison. Je ne me plaignais pas et je ne rejetais pas la faute sur les autres. Je me suis simplement dit : "J’ai fait des erreurs".
J’ai commencé à faire le tri entre ceux qui me soutenaient et les autres. Quelle devait être ma première étape ? Puis la suivante ? Cela devient une longue et passionnante partie d’échecs. »
Ça me fait penser que j'ai encore oublié de m'abonner à Gala !!
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