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Terre battue, charisme et génie : les 10 plus grands joueurs sud-américains de l’histoire du tennis

Ils ont fait rêver des générations. Découvrez notre classement des dix plus grands joueurs sud-américains de l'histoire.

Terre battue, charisme et génie : les 10 plus grands joueurs sud-américains de l’histoire du tennis
© Photo by Julian Finney Getty Images via AFP
Arthur Millot
8 min de lecture

Depuis plus d’un demi-siècle, l’Amérique du Sud façonne des joueurs à part, tant par leur jeu que par leur personnalité.

À l’approche d’une nouvelle tournée sur ce continent, nous vous proposons un classement des dix plus grands joueurs sud-américains de l’histoire.

Une notation subjective bien entendu, l’objectif étant de se remémorer les immenses champions qui ont marqué ce sport.

L’impact historique, le niveau atteint, la longévité, la concurrence affrontée et l’héritage laissé font partie des critères de ce Top 10.

10. José Luis Clerc – Le champion oublié des années 80

José Luis Clerc est l’un des joueurs les plus sous-estimés de ce classement.

Né à Buenos Aires en 1958, actif entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980, il domine une large partie du circuit sur terre battue au début des années 80.

Il remporte vingt-cinq titres ATP, dont vingt sur ocre, ce qui en fait le deuxième Argentin le plus titré derrière Guillermo Vilas.

Clerc atteint la quatrième place mondiale en 1981 et s’installe durablement dans le top 10 entre 1980 et 1983.

Cette année-là, il enchaîne une série de 28 victoires consécutives et remporte notamment les Internationaux d’Italie.

À Roland-Garros, il atteint deux fois les demi-finales, battu successivement par Ivan Lendl et Mats Wilander.

Son époque ne lui laisse que peu d’espace pour aller plus haut, Borg, McEnroe, Lendl monopolisant les plus grands titres.

Car, dans un autre contexte, son palmarès en Grand Chelem aurait sans doute été bien différent.

9. Fernando González – Une puissance hors-norme

© Gonzales commons.wikimedia.orgwikiFileFlickr_-_Carine06_-_Fernando_Gonzalez_(6).jpg

Né à Santiago en 1980, le Chilien Fernando González s’impose par une force brute illustrée notamment par un coup droit parmi les plus violents jamais vus sur un court.

Capable de renverser un match sur une seule frappe, il atteint la finale de l’Open d’Australie 2007, où il s’incline face à Roger Federer, et grimpe jusqu’à la cinquième place mondiale.

Son palmarès compte onze titres ATP en simple, mais c’est surtout en compétition internationale qu’il marque les esprits.

Aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, il remporte l’or en double avec Nicolás Massú, ainsi que le bronze en simple.

Quatre ans plus tard, à Pékin, il décroche une nouvelle médaille de bronze en simple, devenant l’un des joueurs les plus titrés de l’histoire olympique du tennis.

À Roland-Garros, il atteint les demi-finales en 2009, lors du tournoi qui voit Rafael Nadal chuter pour la première fois à Paris.

Spectaculaire, González incarne le basculement du tennis sud-américain vers un jeu plus offensif.

8. Guillermo Coria – Le magicien

Guillermo Coria reste l’un des plus grands regrets de l’histoire du tennis. Né en 1982 à Rufino, en Argentine, il incarne à lui seul le terme de « joueur maudit ».

Surnommé El Mago (le magicien), ce droitier d’1m75 atteint son apogée au début des années 2000.

Une période durant laquelle il domine la terre battue comme peu de joueurs avant lui et enchaîne trois titres consécutifs sur ocre en trois semaines en 2003 (Stuttgart, Kitzbühel et Sopot).

Une performance rarissime à ce niveau (réalisée par Nadal ensuite).

Numéro 3 mondial en 2004, Coria remporte neuf titres ATP au total, dont le Masters 1000 de Hambourg en 2003 et celui de Monte-Carlo en 2004.

La même année, il atteint la finale de Roland-Garros. Ce jour-là, face à Gastón Gaudio, il mène deux sets à zéro, obtient deux balles de match dans la cinquième manche avant de s’incliner. Une finale traumatisante pour lui.

Par la suite, les blessures au dos et aux hanches poussent progressivement sa carrière vers la fin. Il quitte finalement le circuit en 2009, à la 672e place mondiale.

7. Gastón Gaudio – L’improbable roi de Paris

© Photo by JEAN-PIERRE MULLER AFP

Roland-Garros 2004 demeure l’une des plus grandes surprises de l’histoire du tennis.

Gastón Gaudio, 44e joueur mondial, y remporte le seul Grand Chelem de sa carrière après une finale 100 % argentine face à Guillermo Coria. Mené deux sets à zéro, il renverse le match pour entrer dans l’histoire.

Sur son parcours, il a notamment battu Lleyton Hewitt et David Nalbandian. Il devient également le premier joueur de l'ère Open à réussir l'exploit de remporter un tournoi du Grand Chelem en sauvant une balle de match en finale.

Né en 1978 à Adrogué (Argentine), El Gato (le chat, de son surnom) est un pur terrien, doté d’un revers à une main d’une rare élégance.

Il remporte huit titres ATP, tous sur terre battue, atteint la cinquième place mondiale en 2005 et se qualifie à deux reprises pour le Masters, dont une demi-finale la même année.

Mais Gaudio est aussi un joueur hypersensible, souvent en lutte contre lui-même. Il reconnaîtra plus tard avoir souffert de troubles dépressifs durant sa carrière.

6. Andrés Gómez – Le pionnier équatorien

En 1990, l’Équatorien Andrés Gómez réalise l’un des exploits les plus marquants de l’histoire de Roland-Garros.

À 30 ans, l’Équatorien bat Andre Agassi en finale et offre à son pays le premier titre du Grand Chelem de son histoire.

À une époque dominée par les Américains et les Européens, ce succès est vraiment exceptionnel.

Né le 27 février 1960 à Guayaquil (Équateur) et professionnel de 1979 à 1995, Gómez remporte vingt-et-un titres ATP en simple, dont seize sur terre battue.

Gaucher au revers à une main, il atteint la quatrième place mondiale après son sacre parisien.

En parallèle, il mène une immense carrière en double, avec trente-trois titres, dont Roland-Garros et l’US Open, et devient numéro 1 mondial dans la discipline en 1986.

5. David Nalbandian – Le génie sans couronne

© Nalbandian_Miguel Medina AFP

David Nalbandian est probablement le joueur le plus complet techniquement jamais produit par l’Argentine.

Grand joueur de fond de court, il frappait les balles avec une qualité unique, trouvant des angles que lui seul était capable de trouver, notamment grâce à un revers considéré comme l'un des meilleurs de l'histoire.

Né à Córdoba en 1982, il atteint la finale de Wimbledon dès 2002, exploit rarissime pour un Sud-Américain, et devient numéro 3 mondial en 2006.

Il remporte onze titres ATP, dont le Masters de fin d’année en 2005 et deux Masters 1000 en 2007, à Madrid et Paris-Bercy.

Cette année-là, il signe une performance unique en battant, dans le même tournoi, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer.

Nalbandian est aussi le seul Argentin à avoir atteint au moins une demi-finale dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem.

Mais son époque ne lui pardonne rien, et souvent diminué par les blessures, il ne remportera jamais de Grand Chelem.

4. Marcelo Ríos – Le numéro 1 sans Grand Chelem

Marcelo Ríos est un cas à part et presque une anomalie statistique.

En 1998, le Chilien devient le premier Sud-Américain numéro 1 mondial de l’histoire, sans jamais remporter de tournoi du Grand Chelem.

À ce jour, aucun autre joueur n’a atteint le sommet du classement ATP sans décrocher un majeur.

Ce classement, il l’obtient notamment grâce à une finale à l’Open d’Australie 1998 ainsi qu'un doublé Indian Wells-Miami la même année. Il occupera cette place pendant six semaines.

Né à Santiago en 1975, Ríos remporte dix-huit titres ATP, dont cinq Masters 1000. Il est le premier joueur à s’imposer sur les trois grands Masters sur terre battue – Monte-Carlo, Rome et Hambourg – depuis la création de la catégorie.

Finaliste de l’Open d’Australie en 1998, il domine le circuit par son intelligence de jeu, sa prise de balle précoce et son sens tactique hors norme.

Très talentueux, il possède également une capacité d'anticipation et un relâchement dans son jeu assez exceptionnel.

Son caractère, souvent conflictuel avec la presse notamment (5 prix citron : joueur le plus désagréable du tournoi), et des blessures récurrentes écourtent sa carrière, qu’il termine à seulement 28 ans.

3. Juan Martín del Potro – Le malchanceux

© AFP

Quand Juan Martín del Potro bat Roger Federer en finale de l’US Open 2009, à seulement 20 ans, tout semble possible.

L’Argentin devenait le troisième joueur de son pays à remporter un Grand Chelem et apparaissait comme le successeur naturel des plus grands.

Mais la suite fut bien différente. En effet, il vécut une véritable lutte contre son corps et des blessures aux poignets, puis au genou, l’empêchent notamment d’enchaîner.

Malgré cela, Del Potro remporte vingt-deux titres ATP, s’impose à Indian Wells en 2018, et décroche deux médailles olympiques en simple, le bronze à Londres en 2012 et l’argent à Rio en 2016.

Son coup droit reste l’un des plus redoutés de l’histoire du tennis, empêchant ses adversaires d'effectuer des coups d'attaques ou de s'installer dans l'échange.

Il possède également des déplacements impressionnants pour son gabarit (1m98).

Respecté de tous et aimé du public, Del Potro laisse l’image d’un champion qui n’a jamais cessé de se battre contre l’injustice du sort.

2. Gustavo Kuerten – Le chouchou du public

Gustavo Kuerten n’est pas qu’un simple champion. Né en 1976 à Florianópolis, le Brésilien explose à Roland-Garros en 1997 en remportant le tournoi alors qu’il est classé 66e mondial.

Il récidive en 2000 et 2001, inscrivant son nom aux côtés de Borg et Nadal parmi les plus grands de l’histoire parisienne.

Numéro 1 mondial pendant 43 semaines, vainqueur du Masters et de cinq Masters 1000, Kuerten devient en 2000 le premier Sud-Américain à terminer une saison au sommet du classement ATP.

Son revers à une main, son sourire et son rapport fusionnel avec le public marquent une génération entière.

Attaquant de fond de court, il alterne entre effets et puissance dans ses frappes.

De plus, sa grande taille lui permet de ne pas être gêné par le lift très haut et agressif des purs spécialistes de la terre battue.

Cependant, les problèmes de hanche freineront brutalement sa carrière après 2001, mais son héritage reste intact.

Le cœur dessiné sur la terre battue du court Philippe-Chatrier fait désormais partie de la mémoire collective du tennis.

1. Guillermo Vilas – Le monument

© Guillermo Vilas 2006 Photo by BERTRAND GUAY AFP

Guillermo Vilas est la pierre angulaire de toute cette histoire.

Né en 1952 à Buenos Aires, professionnel pendant plus de vingt ans, il remporte soixante-deux titres ATP, dont quatre tournois du Grand Chelem et un Masters de fin d’année.

Sa domination sur terre battue dans les années 1970 est écrasante.
Rival de Björn Borg, acteur majeur de l’explosion médiatique du tennis, Vilas transforme à jamais l’image du joueur sud-américain.

Bien qu’il n’ait jamais été officiellement numéro 1 mondial, plusieurs études statistiques ont démontré qu’il l’a été durant plusieurs semaines, sans reconnaissance formelle de l’ATP.

Inventeur du lift (avec Borg), il était également doté d'une condition physique impressionnante, capable de tenir de longues heures sur un court.

Guillermo Vilas vient donc conclure une liste prestigieuse et singulière à l’image du tennis sud-américain.

Au-delà d’une simple école de terriens. Ce continent a produit des artistes, des rebelles, des combattants et des génies incompris.

De Vilas à Del Potro, cette histoire est faite de passion, d’émotions et parfois de désillusion.

On le sait, les Sud-Américains fonctionnent à l’affect et parlent avec le cœur.

Et à l’heure où l’Amérique du Sud cherche un nouveau leader masculin capable de s’inscrire dans la durée, une question demeure : le prochain grand champion (Fonseca ?) naîtra-t-il encore sur la terre battue… ou d’une nouvelle révolution du tennis sud-américain ?

Sources
Tennis Temple : « Terre battue, charisme et génie : les 10 plus grands joueurs sud-américains de l’histoire du tennis »
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Règles à respecter
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chipote-man
Liste assez exacte. Merci ! Guga Forever
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TheKing
Très bonne liste, rien à ajouter. Pour moi Pecci, Schwartzman et Canas finissent aux portes du top 10.
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LihmItemEdition
Gonzalez, qu'est ce qu'il envoyait celui-là. Je me souviens d'un match énorme contre Ferrero, ça valait le coup.
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phil B
Un coup droit incroyable
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1 réponses
GrosKev
Beaucoup de problèmes de dopage pour ses joueurs, sujet non évoqué dans l'article. Et il manque le meilleur de tous Mariano Puerta :)

Pour Vilas il faudrait ajouter qu'il avait un contrat avec Head et qu'il a été un des premiers joueurs du tour à jouer avec une raquette en graphite (dès l'année 76, il gagnera 4 GC avec) quand les autres jouaient encore avec des raquettes en bois. C'était une raquette dans le commerce mais il fut l'un des 1er pro à prendre le "risque" de jouer avec et fut vite convaincu du potentiel de cette technologie.

On pourrait aussi ajouter à cette liste Pancho Gonzales qui était américain de L.A et dont les parents étaient d'origine mexicaine du Chihuahua région proche de la frontière nouvellement conquise par les USA. Gonzales n'a jamais été soutenu par la fédération américaine, et très peu par les sponsors U.S. Il a subi le racisme de son époque, il est pourtant devenu un des plus grands joueurs de l'histoire du tennis américain.
Si Noah était aussi une fierté pour le Cameroun, Gonzales en était une pour tout le continent qui avait là son 1er grand champion.
Quand on parle de l'Amérique du Sud on ne compte pas le Mexique (qui est en Amérique du Nord), ils ont aussi eux de très bons joueurs bien que souvent naturalisés américains durant leur carrière.
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TheKing
Si le Mexique était en Amérique du Sud, Ramirez aurait clairement sa place dans le classement c'est sûr.
1 réponses
phil B
Oui, très bonne liste bien expliquée. Ils m'ont tous marqué sauf Vilas que je n'ai vu qu'en fin de carrière et que je n'aimais pas, basé sur la force physique, sans finesse. Mais bien sûr, il a marqué le tennis
Sage_Rouge
Très bon article ;)
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