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Rio : le plus beau tournoi du monde ?

Depuis 2014, le Rio Open s’est imposé comme un joyau du circuit ATP, mêlant décor de rêve, ferveur populaire et exploits sportifs.

Rio : le plus beau tournoi du monde ?
© Quadra Guga Kuerten Photo par Mauro PIMENTEL AFP
Arthur Millot
5 min de lecture

Chaque mois de février, alors que l’hiver s’abat sur l’Europe et que la saison sur dur bat son plein ailleurs, certains joueurs font escale à Rio.

Sous le soleil, la terre battue rouge contraste avec le ciel et les collines brésiliennes, le bruit des vagues n’est jamais très loin et l’ambiance locale ne ressemble à aucune autre.

C'est pourquoi, depuis sa création en 2014, le tournoi de Rio s’est imposé comme un rendez-vous à part.

Seul tournoi ATP 500 d’Amérique du Sud, mais également l’un des seuls tournois ATP 500 sur terre battue au monde, aux côtés de Barcelone et Hambourg, il occupe une place unique dans le calendrier.

Mais au-delà des points et du classement, une question revient souvent chez les joueurs comme chez les observateurs : Rio est-il le plus beau tournoi du monde ?

Cette enquête propose de remonter le fil de son histoire, d’en comprendre les origines et d’utiliser les témoignages pour tenter de répondre à cette question.

La naissance d’un grand tournoi sud-américain

Le Brésil a toujours été une terre de sport, mais le tennis y a longtemps vécu dans l’ombre du football.

Il y eut bien quelques tentatives d’installer un grand rendez-vous international à Rio à la fin des années 1980, mais sans réel succès. Et même si certains tournois existent, le modèle économique reste fragile.

Cependant, tout bascule lors de l’année 2014 avec l’apparition officielle du Rio Open.

Et dès sa première édition, le tournoi fait fort en obtenant le statut d’ATP 500, catégorie prestigieuse située juste en dessous des Masters 1000 et des tournois du Grand Chelem.

Ainsi, le tournoi peut offrir 500 points au vainqueur, ce qui signifie attirer des joueurs du Top mondial. Et ce fut le cas cette même année avec la présence du roi de la terre battue Rafael Nadal.

Mieux encore, la star espagnole remporte le titre inaugural et permet au tournoi de faire parler de lui dans le monde entier.

Mais ce n’est pas tout puisque les joueurs qui ont participé à l’événement témoignent également d’un public passionné et d’un lieu à part.

Un décor naturel

© Quadra Guga Kuerten Photo par Mauro PIMENTEL AFP (2)

Pour comprendre pourquoi Rio peut prétendre au titre de plus beau tournoi du circuit, il faut parler du décor.

Le tournoi se déroule dans l’enceinte du Jockey Club Brasileiro, avec en fond les somptueuses collines de la ville. Et lorsque le soleil se couche, cela donne à l’enceinte et à la terre battue une couleur magnifique.

Car peu de tournois ATP peuvent rivaliser sur le plan visuel. Même si Monte-Carlo a la Méditerranée et Acapulco l’océan Pacifique, Rio possède un mélange de nature tropicale, d’architecture et de relief spectaculaire.

Sur son site composé de neuf courts en terre battue, dont le stade Guga Kuerten (court central), d’une capacité de 6 200 personnes, plusieurs joueurs ont confié que le tournoi de Rio est une expérience en soi.

Par exemple, Carlos Alcaraz racontait avoir survolé la ville et aperçu le Christ Rédempteur avant son premier entraînement.

Toutefois, la beauté du tournoi ne réside pas seulement dans le paysage, elle réside aussi dans l’atmosphère.

À Rio, le tennis se joue dans une chaleur humide avec des échanges souvent physiques et des matchs pouvant s’éterniser. Et ce mélange, ajouté aux tribunes pleines, crée une intensité visuelle particulière.

Une ambiance à part

© AFP

Le tennis professionnel est souvent associé à une certaine retenue, mais Rio propose autre chose.

Avec plus de 50 000 spectateurs durant la semaine, le public brésilien réputé pour sa passion, vit totalement les événements sportifs.

Certains joueurs expliquent même que cette ambiance les pousse à se dépasser et d’autres avouent qu’elle peut les déstabiliser.

Le tournoi conserve ainsi une dimension humaine, car les joueurs circulent dans un cadre moins protocolaire qu'à l'accoutumée et les fans sont assis proches des courts.

De nombreuses révélations à Rio

© AFP

Rio n’est pas seulement beau, il est souvent décisif dans les trajectoires des joueurs.

En 2022 par exemple, Carlos Alcaraz est devenu, à 18 ans, le plus jeune vainqueur d’un ATP 500. Il atteindra quelques mois plus tard le sommet du classement mondial.

C’est également le cas du Canadien Félix Auger-Aliassime, finaliste en 2019, à seulement 18 ans, contre Laslo Djere, lors d'une édition qui a rassemblé 50 000 personnes au Jockey Club.

Plus récemment, en 2025, Sebastián Báez est devenu le premier joueur à défendre son titre, et a notamment reçu le trophée du tournoi des mains de Gustavo Kuerten et David Ferrer (2024).

Mais ce n'est pas tout, pour la première fois, un joueur de tennis brésilien a été champion du tournoi, Rafael Matos remportant le double aux côtés du Colombien Nicolas Barrientos en 2024.

L'année suivante, Rafael Matos remporte de nouveau le trophée, mais cette fois-ci avec son compatriote Marcelo Melo.

Une importance dans le calendrier

Rio occupe une place particulière dans la saison, situé après l’Open d’Australie et avant la tournée nord-américaine du printemps.

Pour les spécialistes de la surface, c’est un point d’ancrage essentiel et pour les joueurs sud-américains, c’est l’occasion de briller à domicile.

L’affluence confirme cette importance. Au fil des années, le tournoi a régulièrement dépassé les soixante mille spectateurs cumulés sur la semaine. Pour un ATP 500, ces chiffres sont solides et témoignent d’un engouement local réel.

Pour donner une idée, en 2025, lors de sa 11e édition, l’événement a battu des records historiques de fréquentation avec 69 350 spectateurs sur les neuf jours.

Enfin, à ce jour, parmi toutes les éditions, la quatrième de l’Open de Rio a été considérée comme la meilleure de toute par l’ATP.

Pourquoi certains le considèrent comme le plus beau

© AFP

Si l’on combine tous ces éléments, un argument se dessine : Rio concentre plusieurs critères rarement réunis au même endroit.

Il possède un décor naturel splendide, une ambiance populaire intense ainsi qu'un statut élevé dans la hiérarchie ATP.

Les joueurs parlent de l’énergie du public et de la ville. Et dans un circuit parfois critiqué pour son uniformisation, Rio conserve une identité marquée et ne ressemble à aucun autre tournoi ATP 500.

Cette singularité nourrit l’idée qu’il pourrait être, sinon le plus prestigieux, du moins le plus beau au sens émotionnel du terme.

Alors, est-il le plus beau tournoi du monde ? La réponse dépendra toujours de la sensibilité de chacun.

Mais une chose est certaine : Rio est devenu un tournoi à part et un rendez-vous auquel les fans rêvent d'assister.

Rio comme modèle pour attirer de nouveaux fans ?

© AFP

À l’heure où l’ATP réfléchit à l’évolution de son calendrier et à l’expansion du tennis dans de nouveaux territoires, Rio représente un exemple intéressant.

Celui d’un tournoi jeune, ancré localement, et capable d’attirer des stars par son site exceptionnel.

Si le tennis cherche à séduire un public plus large et plus jeune, l’énergie de Rio pourrait bien être une idée.

La question désormais est de savoir jusqu’où le Rio Open peut aller.

Certains imaginent un jour une montée en catégorie, d’autres rêvent d’un retour du circuit féminin à la même période.

Le tennis mondial cherche constamment de nouveaux équilibres géographiques. Dans cette recomposition, Rio pourrait jouer un rôle central pour l’Amérique latine.

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Torchator
Le problème de ce tournoi reste le positionnement dans le calendrier avec une pré-saison terre battue pas idéale pour les joueurs qui veulent préparer IW et Miami, et la concurrence avec les tournois du Golfe qui avancent des sommes astronomiques pour les joueurs.
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Kévin B.
Le plus beau je ne sais pas, mais pas celui avec les plus belles demi-finales en tout cas... (Pardon j'ai pas lu l'article, je le concède !)
Thomas √;-D{•••}
Ah oui sympa le cadre
lena
Il y a quand même un hic pour ce tournoi, c'est qu'il doit être le plus faible des ATP500 ou l'un des plus faibles du circuit et cela ne date pas d'hier. Plusieurs tournois 250 européens ont un tableau plus relevé. Alors tant mieux pour ceux qui y jouent car ils gagnent ainsi des points qu'ils n'obtiendraient pas en restant en Europe, seulement c'est quand même à signaler. Cette année est une belle illustration avec une finale où le mieux classé est 20è
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