Nadal revient sur ses dernières années sur le circuit : « Après les Jeux Olympiques, je suis rentré chez moi et je me suis dit que c’était terminé »
Légende du tennis et membre du fameux Big 3 qui a dominé le tennis pendant plusieurs décennies, Rafael Nadal a mis fin à sa brillante carrière fin 2024, à l’occasion du Final 8 de la Coupe Davis dans son pays, à Malaga.
Après avoir disputé le premier match de simple contre Botic van de Zandschulp (défaite 6-4, 6-4), l’Espagnol a rangé les raquettes, après avoir vécu plusieurs mois de galères en raison de problèmes physiques récurrents.
Vainqueur de 92 titres sur le circuit dont 22 Grands Chelems, 36 Masters 1000 ou encore une médaille d’or olympique en simple, le Majorquin a marqué son époque et écrit une très belle page de l’histoire du tennis, dans la même génération que ses deux principaux rivaux, Roger Federer et Novak Djokovic.
Invité du podcast Served With Andy Roddick en compagnie de l’ancien champion américain, Nadal est revenu sur les dernières années de sa carrière qui ont conduit à sa décision de prendre sa retraite.
« De manière générale, je suis quelqu’un de positif. Les dernières années ont été difficiles, j’ai vécu des moments douloureux mentalement, il a fallu accepter certaines choses pendant ma rééducation.
Au final, je dirais surtout que cela a été une montagne d’émotions. C’est difficile d’exprimer ce que je ressens avec des mots. Pour tout mettre en perspective, en 2022, j’ai gagné les deux premiers Grands Chelems de la saison, puis je me suis blessé aux abdominaux en quarts de finale de Wimbledon.
Je n’avais pas pu me présenter sur le court pour la demi-finale (contre Kyrgios). Quelques jours avant l’US Open cette même année, j’ai rechuté. Ensuite, je suis devenu papa, ce qui a changé ma manière de voir les choses pour la fin de saison.
Je me suis dit : ’Ok, je vais me préparer pour bien débuter l’année 2023.’ Pour mon deuxième tournoi de la saison à l’Open d’Australie contre Mackenzie McDonald, j’ai eu une grosse blessure à la hanche (il avait perdu en trois manches au deuxième tour à Melbourne en étant tenant du titre), et pour moi, tout le vrai processus de rééducation a commencé à ce moment-là.
En théorie, c’est une blessure dont j’aurais dû me remettre normalement, et même si cela avait pris plus de temps, j’aurais dû finir par guérir. Je me suis entraîné, entraîné et entraîné encore, mais les choses n’ont pas évolué de la façon dont je le voulais.
Après avoir parlé à plusieurs spécialistes, j’ai décidé de me faire opérer. C’était une opération importante, mais les médecins m’avaient dit que je pourrai ensuite reprendre la compétition.
J’ai accepté le challenge. À ce moment-là, il y avait des doutes mais j’ai décidé de me battre. J’avais 37 ans, je me suis dit : 'C’est peut-être le moment de faire cette opération, et on verra.’
Quelques mois avant, j’étais l’un des meilleurs joueurs du monde et j’étais en compétition pour me battre pour les plus gros titres du circuit, et j’aimais ce que je faisais sur le court.
Après l’opération, j’ai essayé de reprendre, les choses se sont déroulées plus ou moins bien, mais la récupération a ensuite pris six à sept mois.
Quand je suis revenu sur les courts pour m’entraîner, je me sentais bien, mais je sentais que je ne pouvais plus appuyer comme avant, j’étais limité dans mes mouvements. Je me suis donné une période d’adaptation pour voir comment tout allait évoluer.
En termes de tennis, je me sentais compétitif, je n’avais pas l’impression d’avoir perdu en puissance de frappe. Tous ces mois ont été difficiles, mais je me suis battu. Je me sentais capable de revenir en compétition, mais je n’étais pas capable de bouger sur le court aussi bien qu’avant.
Après les Jeux Olympiques, je suis rentré chez moi et je me suis dit que c’était terminé. Cela n’avait plus aucun sens de jouer, je ne me sentais pas en position de revenir à mon meilleur niveau avec tous ces problèmes physiques », a développé Nadal.
Qu'il ne s'inquiète pas, on se rappellera tous du roi de la terre battue qu'il a été. Quatorze RG, c'est juste monstrueux. A mon sens, c'est un record qui n'est pas prêt d'être battu.