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La malédiction de Murray à l’Open d’Australie : cinq finales perdues, une œuvre incomplète et des regrets

Tout au long de sa carrière, Andy Murray a convoité le titre à l’Open d’Australie. Ancien numéro 1 mondial ayant concouru à la même époque que le fameux Big 3, il s’est construit un palmarès exceptionnel. Il a toutefois échoué à soulever le trophée du vainqueur à Melbourne, et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé.

La malédiction de Murray à l’Open d’Australie : cinq finales perdues, une œuvre incomplète et des regrets
© AFP
Adrien Guyot
13 min de lecture

Au total, Andy Murray a remporté 46 titres. L’Écossais peut se targuer de compter trois sacres en Grand Chelem, quatorze Masters 1000, deux médailles d’or olympique en simple, la Coupe Davis en 2015 ainsi que les ATP Finals en 2016 dans sa vitrine à trophées.

Admiré par les observateurs du tennis pour sa résilience hors pair, sa faculté à ne jamais abandonner et sa grande intelligence tactique qui lui a permis, Murray a battu le Big 3 à 29 reprises. Vainqueur de l’US Open 2012 et de Wimbledon en 2013 puis en 2016, Murray aurait toutefois pu compter encore plus de titres Majeurs.

Finaliste à Roland-Garros en 2016, il a surtout disputé cinq finales à l’Open d’Australie, sans jamais en gagner une seule. Retour sur la riche histoire entre le champion britannique et le tournoi organisé à Melbourne.

2010 : UNE DEUXIÈME FINALE EN GRAND CHELEM CONTRE FEDERER

Andy Murray a eu une première opportunité de remporter l’Open d’Australie en 2010. Le Britannique disputait alors sa deuxième finale en Grand Chelem, plus d’un an après celle perdue à l’US Open 2008 contre Roger Federer. Cela tombe bien, car c’est à nouveau le Suisse que Murray, alors âgé de 22 ans, allait défier.

Tout au long de la quinzaine, il élimine des joueurs comme Kevin Anderson, John Isner, Rafael Nadal (sur abandon en quarts de finale) puis Marin Cilic dans le dernier carré.

Tête de série numéro 5, il avait toutefois un dernier défi de taille à relever, en la personne de Federer, qui avait déjà été sacré à trois reprises à Melbourne avant cette rencontre comptant pour l’édition 2010.

Murray proche d’arracher un quatrième set, le triomphe logique de Federer

Dans cette finale, l’expérience de Federer à ce stade de la compétition a clairement fait la différence. Plus tranchant dans les deux premiers sets, le numéro 1 mondial de l’époque a été dominateur.

Le moment charnière aurait pu être le tie-break de la troisième manche, lorsque Murray s’est procuré deux balles de set à 6 points à 4. Mais Federer a su serrer le jeu au bon moment, comme le font les grands champions.

Sur sa troisième balle de match, le Suisse a profité d’une faute de filet en revers de son adversaire pour triompher, 13 points à 11. Le natif de Bâle pouvait lever les bras vers le ciel, le voilà qui venait de remporter un 16e titre en Grand Chelem.

© AFP

« Je peux pleurer comme Roger, c’est juste dommage que je ne puisse pas jouer comme lui »

Lors de la cérémonie de remise du trophée, Federer avait eu des mots réconfortants pour l’Écossais : « Tu es trop fort pour ne pas gagner de Grand Chelem, ne t’inquiète pas pour cela », lui avait-il lancé sous les applaudissements des spectateurs.

En guise de réponse, Murray, en larmes, avait alors décidé de manier l’humour : « Je peux pleurer comme Roger, c’est juste dommage que je ne puisse pas jouer comme lui », en référence au discours rempli d’émotion du Suisse lui-même un an auparavant, en 2009, après sa défaite contre Rafael Nadal.

2011, 2013, 2015, 2016 : MAÎTRE DES LIEUX, DJOKOVIC BRISE LE RÊVE DE MURRAY

L’année suivante, Murray arrive à l’Open d’Australie avec la pression de défendre les points de sa finale acquise en 2010, mais également avec plus d’expérience.

Une nouvelle fois, le Britannique fait partie des crédibles candidats au titre, et enchaîne les victoires dans le tableau sans trop de problèmes. En effet, Murray ne perd son premier set du tournoi qu’en quarts de finale contre Dolgopolov.

Après une montée en puissance en demies contre Ferrer, il retrouve l’un de ses plus grands rivaux, Novak Djokovic, qui vise de son côté une deuxième couronne à Melbourne après celle de 2008 contre Tsonga.

2011 : une finale à sens unique, Djokovic remporte son 2e Open d’Australie

Dans ce qui finira par être l’une des plus grandes années de sa carrière, Djokovic ne laissera que des miettes à Murray dans cette finale. En 2h38, le Serbe boucle l’affaire et s’impose facilement (6-4, 6-3, 6-2).

En trois finales disputées en Grand Chelem, Murray n’a toujours pas remporté le moindre set et bute pour le moment systématiquement sur la dernière marche.

Ce qu’il ne savait pas à ce moment-là, c’est qu’il retrouvera encore Djokovic en finale à Melbourne, l’occasion de prendre sa revanche. Celle-ci n’est cependant jamais arrivée, et ce ne sont pas les occasions qui ont manqué.

Deux ans plus tard, en 2013, Murray a encore changé de statut. Quelques mois plus tôt, il avait enfin triomphé en Grand Chelem, battant Djokovic au terme d’une finale épique à l’US Open 2012.

© AFP

2013 : Murray progresse mais ne parvient pas à faire tomber Djokovic

Après avoir échoué de peu à se qualifier pour une troisième finale consécutive à l’Open d’Australie l’année précédente, Murray affronte encore Djokovic pour le titre. Tout juste sacré à Brisbane, l’Écossais est en pleine confiance.

Il vient également de battre Roger Federer en demi-finales (6-4, 6-7, 6-3, 6-7, 6-2). Tout laisse à penser que le suspense sera présent cette fois-ci. D’ailleurs, Murray remporte le premier set au tie-break, avant de perdre un deuxième set tout aussi accroché perdu au jeu décisif.

La tête de série numéro 3 avait alors laissé passer sa chance. Car Djokovic, qui n’a pas été breaké tout au long de cette finale, a ensuite été plus tranquille dans les deux derniers sets (6-7, 7-6, 6-3, 6-2 en 3h40).

Troisième échec en finale à Melbourne pour Murray. Pas de quoi le décourager pour autant, et deux ans plus tard, il a ainsi fait son retour en finale dans la ville australienne.

2015 : Scénario similaire à la finale de 2013, Murray chute encore contre Djokovic

Pour sa quatrième finale à Melbourne, c’est encore Djokovic qui se dresse sur la route de Murray. Ce dernier a enchaîné des succès contre Dimitrov, Kyrgios et Berdych en deuxième semaine et arrivait plus affamé que jamais.

Le tout avec l’ambition d’enfin conquérir l’Open d’Australie, un titre qu’il convoite depuis des années. Murray s’est accroché dans le premier set, surmontant un break de retard. Mais finalement, il a laissé filer son avance dans le tie-break.

Comme en 2013, les deux premières manches se sont jouées au jeu décisif, pour le même scénario : un set partout. Le tournant de cette finale a lieu dans la troisième manche.

Sur sa lancée, le Britannique, redescendu à la 6e place du classement, breake d’entrée. Mais très vite, Djokovic est revenu, et n’a plus lâché sa proie jusqu’à la fin. Il s’impose encore en quatre sets (7-6, 6-7, 6-3, 6-0 en 3h40) pour soulever un 5e titre à Melbourne.

2016 : Le dernier épisode de la saga Djokovic-Murray

Très régulier à l’Open d’Australie, Murray ne s’est pas arrêté là. En 2016, il bat Zverev, Tomic, Ferrer ou encore Raonic et rallie la finale. Mené 2 sets à 1 par le Canadien en demi-finales, il trouve les ressources pour renverser la situation et s’offrir une nouvelle finale à Melbourne, la cinquième en sept ans et la quatrième contre Djokovic.

Entre 2010 et 2016, Murray a toujours atteint au moins les quarts de finale à l’Open d’Australie. Mais là encore, il va échouer dans sa quête. Contre un Djokovic toujours aussi fort à Melbourne, l’Écossais n’a rien pu faire (6-1, 7-5, 7-6 en 2h54). La malédiction se poursuit, et l’équation semble insoluble.

« On dirait que je suis déjà passé par ici », plaisantait Murray lors de son discours d’après-finale. Et pour cause, le Britannique venait de battre un triste record malgré lui.

En effet, jamais, dans l’ère Open, un joueur n’a disputé au moins cinq finales d’un même Grand Chelem sans jamais remporter une seule fois le tournoi en question.

2017 : LA DÉSILLUSION CONTRE MISCHA ZVEREV EN TANT QUE NUMÉRO 1

Andy Murray arrive à l’Open d’Australie 2017 en étant au sommet de sa carrière. Numéro 1 mondial depuis la fin 2016, il avait bouclé la saison précédente en remportant neuf titres et en gagnant cinq tournois consécutifs en fin d’année (Pékin, Shanghai, Vienne, Paris-Bercy et les ATP Finals).

Finaliste à Doha début 2017, il s’était incliné contre Novak Djokovic au terme d’un nouveau combat épique en trois sets. Mais pas de quoi entamer son capital confiance.

Au moment d’entamer le tournoi à Melbourne, il avait ainsi remporté 30 de ses 31 derniers matchs en compétition officielle depuis sa défaite en quarts de finale de l’US Open 2016 contre Kei Nishikori.

Djokovic battu dès le deuxième tour, la porte s’ouvre pour Murray

Murray entame son tournoi contre Ilya Marchenko (7-5, 7-6, 6-2), avant d’enchaîner contre un Andrey Rublev encore au début de sa carrière (6-3, 6-0, 6-2) et Sam Querrey (6-4, 6-2, 6-4). Sans forcer son talent, le joueur alors âgé de 29 ans se retrouve en deuxième semaine.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Murray a vu son principal rival pour le titre, le double tenant du titre Novak Djokovic (numéro 2 mondial), chuter à la surprise générale dès le deuxième tour après un combat en cinq sets contre Denis Istomin.

Au vu de la dynamique du circuit à cette période, l’Écossais devenait alors le grandissime favori pour enfin briser le plafond de verre et aller chercher ce titre qui le fuyait depuis sa première finale dans l’épreuve en 2010.

Murray tombe face à Mischa Zverev, le roi du service-volée

En huitièmes de finale, Andy Murray était opposé à Mischa Zverev. Le Britannique avait dominé l’Allemand lors de leur unique précédente confrontation en 2015. Tout semblait indiquer que le numéro 1 mondial allait passer une nouvelle journée tranquille.

Mais rien ne s’est passé comme prévu en ce 22 janvier 2017. Face à un adversaire solide et très performant au filet, Murray n’a jamais pu trouver la solution en dépit de 71 coups gagnants et de seulement 28 fautes directes.

Le grand frère d’Alexander a sorti “le meilleur match de sa vie” selon ses dires pour s’imposer en quatre sets (7-5, 5-7, 6-2, 6-4). Le gaucher avait breaké son adversaire à huit reprises, et a finalement réussi l’une des plus belles performances de sa carrière.

© AFP

« Je savais que je devais monter au filet, c’était ma seule chance de gagner »

« Je croyais en moi, en mon jeu. Je pensais que jouer le service-volée contre lui, en utilisant beaucoup le slice pour essayer de casser son rythme, allait fonctionner. Ce fut le cas.

Je me sentais capable de tenir trois, quatre sets contre lui. Tout a fonctionné. Je ne sais pas comment je suis resté si calme », déclarait Mischa Zverev après sa victoire.

« Je n’avais pas vraiment de plan B. Je ne peux pas rester sur la ligne de fond du court, ou deux pas derrière, et essayer de gagner des rallyes. Il est très fort physiquement, très bon sur sa ligne.

Je savais que je devais monter au filet, c’était ma seule chance de gagner. Honnêtement, je n’avais pas de plan B. C’est tout ce que je pouvais faire », concluait-il.

Une dernière opportunité non saisie par Murray en 2017

Murray ne le savait pas encore, mais à ce moment-là, il venait de laisser sa dernière chance de triompher à Melbourne. En effet, 2017 a été l’année où le déclin du Britannique a débuté.

Touché à la hanche en cours de saison, il a ensuite atteint les demi-finales de Roland-Garros cette même année contre Stan Wawrinka, avant de disputer les quarts de finale contre Sam Querrey à Wimbledon.

Mais sa blessure à la hanche s’est détériorée contre l’Américain, et l’a contraint à déclarer forfait pour le reste de la saison 2017. Après une première opération ratée en 2018, le Britannique a dû repasser par la case opération l’année suivante, mais il n’a jamais pu retrouver son niveau d’antan.

© AFP

2019 : L’ANNONCE CHOC DE LA RETRAITE À MELBOURNE

Lorsqu’il se présente en conférence de presse d’avant-tournoi à l’Open d’Australie en 2019, Andy Murray sort d’une saison 2018 quasiment blanche. Six petits tournois disputés entre le Queen’s et Shenzhen et un manque de rythme évident.

On se dit alors qu’après une opération conséquente à la hanche et un an d’absence, Murray va devoir passer par plusieurs tournois d’adaptation avant de monter en puissance.

Mais en réalité, Murray souffre. Son (bref) retour à la compétition en 2018 n’a pas été riche en enseignements, si ce n’est que l’opération n’avait pas été concluante.

Forfait avant d’affronter Alex De Minaur en quarts de finale de l’ATP 500 de Washington après trois matchs marathon dans la même semaine, Murray n’est clairement pas au point physiquement.

« J’ai fait pratiquement tout ce qu’il était possible de faire pour aller mieux »

À tel point que lorsque celui qui était retombé au-delà de la 800e place (il était 839e en juillet 2018) arrive dans la salle de presse à Melbourne Park en 2019, personne ne s’attend au discours que Murray va adresser aux journalistes.

Les larmes aux yeux, Murray le sait. Avec une hanche douloureuse, il lui sera impossible de redevenir le joueur qu’il était : « J’ai beaucoup souffert ces vingt derniers mois. J’ai fait pratiquement tout ce qu’il était possible de faire pour aller mieux.

Je suis certainement dans une meilleure situation depuis six mois, mais la douleur est toujours bien présente. C’est une période très difficile pour moi », a démarré Murray, bien loin des objectifs qui étaient les siens moins de deux ans auparavant.

« Je vais jouer ce tournoi. Je peux toujours jouer à un niveau convenable, même si ce n’est pas celui auquel je voudrais être. Mais la douleur est vraiment intense, et sur le long-terme, je n’ai pas envie de continuer à jouer de cette façon.

Comme je l’ai dit, j’ai tout essayé pour me remettre sur pied mais cela n’a pas marché », regrettait alors le champion écossais.

« Mon plan est de jouer jusqu’à Wimbledon, c’est là que j’aimerais arrêter »

Dans la foulée, Murray a ainsi annoncé son choix devant les journalistes, et a assuré qu’il ne souhaitait pas poursuivre sa carrière dans de telles conditions : « J’ai parlé à mon équipe et je leur ai dit que je ne pouvais pas continuer comme ça.

Mon plan est de jouer jusqu’à Wimbledon, c’est là que j’aimerais arrêter. Mais d’un autre côté, je ne sais pas si j’en aurai la capacité », a-t-il lancé, en pleurs, dans un silence pesant dans la pièce.

« Je ne sais pas si j’ai envie de jouer encore cinq mois avec une forte douleur. L’autre option serait de subir une deuxième opération, qui serait encore plus lourde que celle que j’ai déjà faite.

Cela pourrait me permettre d’avoir une meilleure vie après ma carrière et de ne plus avoir mal. C’est quelque chose que j’envisage très sérieusement », avait-il conclu.

Un dernier combat contre Bautista Agut à l’Open d’Australie… pour le moment

Quelques jours après cette annonce qui a secoué le monde du tennis, Murray a bel et bien décidé de participer à l’Open d’Australie. Sans véritable attente sur le plan personnel, l’ancien numéro 1 mondial devait venir à bout du redoutable joueur espagnol Roberto Bautista Agut.

Tête de série numéro 22 à ce moment-là, ce dernier avait perdu les trois premières confrontations face à Murray. La dernière d’entre elles avait eu lieu en finale du Masters 1000 de Shanghai 2016.

Moins de deux ans et demi plus tard, les deux hommes s’affrontent à nouveau, mais beaucoup de choses ont changé depuis. Mené deux manches à zéro puis d’un break dans la troisième, Murray semble au bord de la défaite.

Ses fans avaient également de quoi s’inquiéter, lui qui n’avait disputé que deux matchs en Grand Chelem depuis le début de la saison 2018. Mais physiquement, le Britannique est allé au bout de lui-même.

Courageux dans l’effort, le triple vainqueur en Majeur a profité de son expérience pour arracher les deux sets suivants, à chaque fois glanés au jeu décisif, et ainsi disputer une cinquième manche. Finalement, l’Espagnol a trouvé le moyen de faire plier son adversaire (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 6-2 en 4h10).

MURRAY, UNE HISTOIRE SPÉCIALE MAIS FRUSTRANTE AVEC L’OPEN D’AUSTRALIE

Absent des éditions 2020 et 2021 de l’Open d’Australie, Murray fait son retour à Melbourne en 2022, mais s’incline au deuxième tour contre Taro Daniel. Ce n’est que la saison suivante, en 2023, que le quintuple finaliste de ce tournoi connaîtra son dernier moment de gloire.

Après avoir hérité de Matteo Berrettini, tête de série numéro 13 et demi-finaliste sortant à Melbourne, Murray réalise un premier gros coup en s’imposant au bout du suspense contre l’Italien (6-3, 6-3, 4-6, 6-7, 7-6 en 4h48). Une rencontre au cours de laquelle il a tenu le choc physiquement, avant de faire plier son adversaire au super tie-break.

© AFP

2023, l’année du dernier coup d’éclat à Melbourne

Mais le tournoi d’Andy Murray a pris une autre dimension lors de son deuxième tour contre Thanasi Kokkinakis. Mené deux sets à zéro puis 5-2 dans la troisième manche, le Britannique a réussi un retournement de situation aussi prodigieux que miraculeux.

Alors que l’horloge affichait plus de 4h du matin, Murray s’impose malgré les 102 coups gagnants de l’Australien (4-6, 6-7, 7-6, 6-3, 7-5 en 5h45). Dans une ambiance incandescente, Murray venait de disputer (et de gagner) le plus long match de sa carrière professionnelle, à bientôt 36 ans.

Murray à l’Open d’Australie : un mariage impossible et des regrets éternels

Murray s’était donc qualifié pour le troisième tour, où il s’apprêtait à retrouver une vieille connaissance : Roberto Bautista Agut. Ce même joueur contre qui il avait pensé avoir disputé son dernier match à Melbourne quatre ans plus tôt.

Loin d’être exténué par ses deux précédents combats, le Britannique a répondu présent. Mené 6-1, 3-1, Murray trouve les ressources pour débreaker et empocher le gain de la deuxième manche au jeu décisif et dans un stade acquis à sa cause. Finalement, il s’incline en quatre manches (6-1, 6-7, 6-3, 6-4 en 3h29).

« Il y a deux jours, j'ai croisé par hasard le médecin qui m'avait dit en 2017 : “La bonne nouvelle, c'est que le problème que vous avez à la hanche peut être résolu, mais vous ne pourrez plus pratiquer de sport professionnel.”

Je pense avoir dissipé ce mythe au cours des cinq derniers jours », avait écrit Murray sur X (anciennement Twitter) après sa défaite. Finaliste malheureux de l’Open d’Australie à cinq reprises dans sa carrière, Murray gardera l’étiquette du perdant magnifique à Melbourne.

Après avoir gâché autant d’occasions d’inscrire son nom au palmarès de ce prestigieux tournoi, le Britannique pourra également regretter le scénario de l’édition 2017, où il n’a pas su assumer son statut de favori après l’élimination inattendue et précoce de Djokovic.

Sources
TennisTemple : « La malédiction de Murray à l’Open d’Australie : cinq finales perdues, une oeuvre incomplète et des regrets »
Open d'Australie
Open d'Australie
Tableau
Novak Djokovic
#4, 4700 points
Roberto Bautista Agut
#98, 629 points
Thanasi Kokkinakis
#892, 25 points
Matteo Berrettini
#100, 625 points
Federer R • 1
Murray A • 5
6
6
7
3
4
6
Murray A • 5
Djokovic N • 3
4
2
3
6
6
6
Djokovic N • 1
Murray A • 3
6
7
6
6
7
6
3
2
Djokovic N • 1
Murray A • 6
7
6
6
6
6
7
3
0
Djokovic N • 1
Murray A • 2
6
7
7
1
5
6
Murray A • 1
Zverev M
5
7
2
4
7
5
6
6
Bautista Agut R • 22
Murray A
6
6
6
6
6
4
4
7
7
2
Berrettini M • 13
Murray A
3
3
6
7
6
6
6
4
6
7
Murray A
Kokkinakis T
4
6
7
6
7
6
7
6
3
5
Murray A
Bautista Agut R • 24
1
7
3
4
6
6
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Règles à respecter
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clem59
Il n'a été proche de gagner sur aucune de ces finales mais il aurait tout de même bien mérité un titre à Melbourne, largement, peut-être sur celle de 2013.
6
XMAN4
Ca prouve qu un palmarès ca tient bcp à l'époque , l' adversité et aussi le tirage.
Stan n'a atteint la finale à l'AO qu'une fois après avoir sorti un Big3 et battu un autre Big3 blessé en finale.

Murray n'a pas eu cette chance en 2010-2011-2013-2015-2016 il tombe contre un Big3 à son apogée et en pleine forme, et pourtant en 2010 et 2013 il avait sorti un Big3 avant.
je note aussi en 2012 où il n'est pas loin de battre Djoko en 1/2 mais il aurait du se coltiner Rafa en finale , personne n'a gagné de GC en battant Djoko/Rafa prime et en pleine forme physique.

je suis certain que le Murray 2010-2016 dans la période 2017-2023 l'aurait remporté au moins 1 fois.
4
GrosKev
Le match de Misha était légendaire c'est une des dernières très grande victoire d'un joueur S/V sur un GC. Murray n'a pas super bien joué mais il était perdu avec son jeu de rameur et c'était assez fou.
En cela pour moi il lui a surtout manqué des armes bien trop longtemps durant sa carrière.
Un tennis trop attentiste et de contre, sans faire de fautes, basé sur les stats, mais qui avait ses limites.

C'est pourquoi je ne suis pas vraiment ok avec ta conclusion.
Oui il gagne Wimbledon en 2013 mais il n'a aucun spécialiste du gazon dans son tableau (en dehors de Fed -joli match- qui ne pratique plus son meilleur jeu d'attaque à cette période).
C'est aussi pour ca qu'il n'a qu'un USO...
2016 il est au point, c'est énorme ce qu'il est capable de faire mais il se ruine physiquement et c'est le début du déclin...

En dehors de la technique (on en pense ce que l'on veut mais je n'ai jamais trop aimé son style même si j'apprécie beaucoup la personne) son vrai gros problème c'était de jouer la place au classement de trop donner sur des M1000 ou des 500 et sa saison 2016 c'est la pire de toutes dans ce délire là...
Il aurait pu gagner en jouant moins (2014-2015-2016) et en se concentrant comme Nadal ou Fed sur les plus gros évènements...
Tu me diras que Novak lui a bien réussi à le faire, mais je pense qu'il avait un meilleur service et gagnait beaucoup de points plus facilement et de toute façon c'est une anomalie.
clem59
Pour 2012, quand tu vois le niveau de jeu de la finale, impossible d'imaginer l'écossais enchaîner Nadal derrière je pense.

Mais pour 2017/2023 oui je suis quasiment certain que sans sa hanche qui flanche, il va en chercher au moins un.
3 réponses
XMAN4
la " malédiction" d avoir été contemporain du prime Big3.
Murray a joué 5 finales à l A0 en 7 ans ( 2010-2016) en affrontant 9 fois un Big3 ( 2 victoires) .

à titre de comparaison Daniil et Zverev sur toute leur carrière et tous les GC ont joué 6 fois un Big3 chacun .
2
XMAN4
parce qu il y a plusieurs Big3 ??!

je te parle du fait que Murray a joué plus de fois le Big3 à l'AO ( qui ont gagné 18AO à eux 3 entre 2004-2023) que Zverev ou Daniil, c est pas une question d'époque
Norton
Les époques ne sont pas comparables
2 réponses
clavy108
Des "regrets éternels" largement compensés par ses sacres à Wimbledon, aux JO à Londres et sa victoire en coupe Davis, des titres infiniment plus importants en tant que britannique, l'Angleterre étant en quête d'un champion depuis +50ans.
Il a répondu aux attentes et la pression énorme qui pesait sur ses seules épaules et a tout gagné pour son pays, et ce, contre les plus grands. Immense champion.
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