« Je ne l’enseignerai pas à mon fils » : Musetti donne son verdict sur le revers à une main
Le revers à une main est-il en train de disparaître ? Après sa victoire à Barcelone, Lorenzo Musetti a livré un constat sans détour sur l’évolution du tennis moderne, entre puissance, vitesse et nouvelle génération de frappeurs.
Il en avait besoin. En dominant Martín Landaluce lors de son entrée en lice à Barcelone, Lorenzo Musetti a mis fin à des mois de frustration, entre blessures et manque de rythme.
Bousculé d’entrée par un jeune Espagnol déchaîné, l’Italien a puisé dans ses ressources mentales pour inverser la tendance.
Patience, variation, talent pur : tout y est passé. Mais au-delà du score, c’est surtout son discours d’après-match qui a marqué les esprits.
« Le coup le plus difficile et spectaculaire » en voie de disparition ?
C’est la phrase marquante de la conférence de presse de l’Italien après la rencontre :
« Le revers à une main est le coup le plus difficile et le plus spectaculaire du tennis. »
Un hommage à ce geste mythique, rapidement suivi d’un constat beaucoup plus brutal :
« Maintenant, c’est un peu étrange. Je ne sais pas si ça va disparaître ou pas, j’espère que non.
Mais dans le tennis moderne, la vitesse et l’intensité de la balle sont très élevées, et je pense qu’avec le revers à une main, il est difficile de dire que j’ai un avantage.
Je ne sais pas si ça va disparaître, mais pour moi, ça va dans cette direction.
Je peux vous dire que je ne vais pas enseigner à mon fils le revers à une main, car je pense qu’avec le revers à deux mains, il y a beaucoup plus d’avantages au retour, pour couvrir le terrain du côté gauche et pour la récupération. Ce sont des atouts très importants dans le tennis moderne. »
Le tennis moderne : puissance, vitesse… et uniformisation ?
Selon Lorenzo Musetti, la nouvelle génération ne correspond plus aux profils classiques de terriens. Exit les longs échanges liftés : place à l’agression permanente.
Il cite notamment l’émergence de profils comme João Fonseca : des joueurs puissants, explosifs, capables de prendre la balle tôt et d’imposer un rythme infernal.
« Le tennis moderne évolue de plus en plus vers l’intensité et la vitesse de la balle. Les joueurs d’aujourd’hui ne sont plus les profils espagnols classiques ni les spécialistes traditionnels de la terre battue, qui liftent beaucoup et varient le jeu.
Ce sont des joueurs très agressifs, bien plus concrets. Je pense qu’à l’avenir, nous verrons davantage de joueurs comme Fonseca, qui frappent très fort la balle.
Ils ont probablement un bon service, retournent très bien et prennent du temps à l’adversaire. Donc oui, je pense que nous allons dans cette direction.
L’aspect physique et le professionnalisme influencent aussi des joueurs de plus en plus jeunes. C’est ma sixième année sur le circuit ATP, donc je ne pense pas être trop jeune.
J’ai déjà fait mon parcours et j’ai affronté ces joueurs, en faisant partie des premiers de cette génération à arriver sur le circuit.
À l’époque, il n’y avait pas ce niveau de professionnalisme à cet âge-là. Cela a énormément évolué. Le tennis, surtout en Italie, connaît aujourd’hui un grand succès. »