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De la Hopman Cup à la United Cup : comment les compétitions par équipes réinventent le tennis en janvier

Des duos mythiques, des formats audacieux, des émotions partagées : la Hopman Cup a ouvert la voie, l’ATP Cup a tenté de s’imposer, et la United Cup a tout réinventé. Une histoire où le tennis se vit en équipe.

De la Hopman Cup à la United Cup : comment les compétitions par équipes réinventent le tennis en janvier
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Jules Hypolite
11 min de lecture

Chaque mois de janvier, avant même le coup d’envoi de l’Open d’Australie, le tennis se met déjà en ordre de bataille. Depuis plus de trente ans, des compétitions par équipes mêlent préparation, spectacle et esprit collectif pour débuter la saison.

De la Hopman Cup, pionnière du tennis dans un format mixte, à la United Cup, vitrine moderne du tennis unifié, ces tournois racontent une autre histoire du début de saison.

LA HOPMAN CUP : L'AUDACE DE LA MIXITÉ AVANT L'HEURE

© WILL RUSSELL / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES VIA AFP

Lorsqu’elle voit le jour en 1989 à Perth, en Australie, la Hopman Cup tranche immédiatement avec les codes traditionnels du tennis professionnel. Imaginée comme un hommage à Harry Hopman, figure emblématique du tennis australien et ancien capitaine de l’équipe d’Australie de Coupe Davis, la compétition se veut à la fois respectueuse de l’histoire et résolument tournée vers l’innovation.

Son principe est inédit : des équipes nationales composées d’un joueur et d’une joueuse, réunis pour défendre les couleurs de leur pays.

Chaque confrontation associe deux simples, masculin et féminin, suivis d’un double mixte décisif. Les équipes sont divisées en deux groupes de quatre, dont les premiers se retrouvent ensuite pour disputer la finale.

À une époque où les circuits ATP et WTA évoluent encore largement en parallèle, la Hopman Cup fait le pari audacieux de la mixité et de l’égalité sportive.

Ce format original confère d’emblée au tournoi une identité forte. Plus qu’une simple compétition de préparation, la Hopman Cup propose une nouvelle manière de penser le tennis par équipes, en mettant sur un pied d’égalité hommes et femmes et en valorisant une discipline rarement mise en lumière au plus haut niveau : le double mixte.

Un tournoi à part dans le paysage tennistique

Dès ses premières éditions, la Hopman Cup s’impose comme un événement singulier. Organisée hors des circuits officiels ATP et WTA, elle ne distribue aucun point pour les classements mondiaux mais reste reconnue comme une épreuve par l’ITF (Fédération internationale de tennis).

L’ambiance y est volontairement détendue, loin de la pression des Grands Chelems et autres tournois qui rythment la saison. Les échanges complices entre partenaires, les sourires sur le court et la proximité avec le public créent une atmosphère presque unique dans le tennis professionnel.

Les spectateurs ne viennent pas seulement assister à des matchs, mais à un véritable spectacle, où la performance se mêle au plaisir de jouer.

Placée stratégiquement en janvier à la veille de l’Open d’Australie, la Hopman Cup devient un rendez-vous privilégié de préparation. Elle permet aux joueurs d’enchaîner des matchs de haut niveau, tout en retrouvant progressivement le rythme de la compétition, sans l’enjeu immédiat d’un tournoi majeur.

Les plus grandes stars au rendez-vous

Au fil des années, la Hopman Cup s’est construite un palmarès et des souvenirs connus de tous. Certaines nations s’y illustrent particulièrement, à l’image des États-Unis, de l’Espagne ou de la Suisse, qui marquent durablement l’histoire du tournoi. Mais ce sont surtout les duos qui façonnent la légende de la compétition.

Dès les premières éditions, la compétition attire les plus grandes figures du tennis mondial, avec la présence d’Arantxa Sánchez (Espagne), John McEnroe (États-Unis), Steffi Graf (Allemagne) ou encore Monica Seles (Yougoslavie jusqu’en 1994, puis États-Unis).

Cet héritage se prolonge au début des années 2000 avec l’arrivée de talents appelés à devenir des icônes. Roger Federer s’illustre dès 2000 aux côtés de Martina Hingis, tandis que Serena Williams s’impose en 2002 avec James Blake, puis de nouveau en 2007 avec Mardy Fish.

© PAUL KANE / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES VIA AFP

Dans les années 2010, l’épreuve conserve son caractère ouvert et spectaculaire. Elle voit des duos uniques se créer, comme celui de la Serbie associant Novak Djokovic et Ana Ivanovic, finalistes en 2011 et 2013.

La France triomphe à deux reprises avec les paires Cornet-Tsonga (2014) puis Mladenovic-Gasquet (2017). Enfin, le duo Roger Federer–Belinda Bencic réalise un joli doublé en 2018 et 2019, permettant au Suisse de devenir le joueur le plus titré de l’histoire de la compétition.

Tous ces noms contribuent ainsi à la renommée de l’épreuve, que l’on présente comme le rendez-vous du début de saison avant l’Open d’Australie.

Après 2019, une compétition qui tente de rester en vie

La création de l’ATP Cup, début 2020, met officiellement fin à la Hopman Cup telle que nous l’avons connue. Si la compétition se maintient toujours, avec des éditions organisées à Nice en 2023 et Bari en 2025, elle est devenue l’ombre d’elle-même.

Après quarante années passées en Australie, la Hopman Cup est abandonnée par son pays hôte. Reléguée au second plan avec l’arrivée de l’ATP Cup, la compétition perd également son positionnement clé au calendrier, étant désormais programmée en juillet, dans la foulée de Wimbledon.

À l’époque de la création de l’ATP Cup, Paul McNamee, l’un des fondateurs de l’épreuve, n’avait pas caché son amertume : « Je suis triste que personne ne se soucie de l’avenir de la Hopman Cup. »

L'ATP CUP, UN TOURNOI TREMPLIN POUR UN PROJET PLUS GLOBAL

En 2018, l’ATP innove : dès 2020, une compétition par équipes masculine, l’ATP Cup verra le jour dès 2020, dans trois villes australiennes (Brisbane, Sydney et Perth) et sur des dates clés : elle occupe les deux premières semaines de janvier, soit quelques jours avant le coup d’envoi de l’Open d’Australie.

A l’époque, l’ATP souhaite concurrencer directement la Coupe Davis. Le format est en effet similaire à celui de la réforme adoptée par l’ITF : des phases de poules puis une phase finale, avec deux simples, un double décisif et des matchs au meilleur des trois sets.

« La meilleure manière de lancer la saison »

Au moment de sa création, Novak Djokovic est séduit par le concept : « J’apprécie le fait que ça soit un tournoi ATP et qu’il y ait des points ATP distribués. Ce sera la meilleure manière de lancer la saison.

Plus de 90% du temps, nous jouons à titre individuel et nous n’avons pas beaucoup d’événements par équipe. En ce qui me concerne, ça va être un moment très sympathique où je serai fier de représenter mon pays. »

A la différence de la Hopman Cup, l’ATP Cup est uniquement masculine. Elle remplace donc à moitié cette dernière, puisque les femmes, de leur côté, n’ont plus aucune compétition par équipes à jouer en janvier.

© AFP

Craig Tiley, directeur de l’Open d’Australie et instigateur du concept, tacle les nostalgiques de la Hopman Cup : « Si beaucoup vont dire qu’avec ce changement on perd quelque chose, on a en fait gagné quelque chose ».

Le choix des nations, au nombre de 24 pour la première édition, repose sur le classement ATP des joueurs. De cette manière, l’ATP tente de garantir la présence des meilleurs joueurs du circuit, comme c’est le cas en 2020, avec les participations de Novak Djokovic et Rafael Nadal.

En matière de classement, l’ATP Cup permet de glaner des points ATP à chaque match remporté. Un joueur invaincu jusqu’au titre peut engranger jusqu’à 750 points en simple, tandis que les spécialistes du double peuvent en obtenir jusqu’à 250. Le nombre de points attribués varie selon le niveau de l’adversaire affronté, les victoires face aux joueurs les mieux classés étant naturellement celles qui offrent le plus de points.

Avec cette configuration et la possibilité de grapiller des points précieux au classement, l’ATP Cup semble donc être promise à un avenir radieux.

2020 : une première édition de haute volée

Pour sa première édition, l’ATP Cup séduit d’emblée par la qualité du spectacle proposé. La saison vient à peine de débuter, mais des joueurs physiquement frais et très motivés se livrent déjà à des combats intenses pour décrocher le trophée.

Sept joueurs du top 10 sont au rendez-vous, de Novak Djokovic à Kei Nishikori, en passant par Rafael Nadal, Dominic Thiem et Daniil Medvedev, offrant une série de matchs mémorables.

Parmi eux, le duel électrique entre Nick Kyrgios et Stefanos Tsitsipas marque les esprits. Devant son public, l’Australien s’impose au terme d’un combat spectaculaire (7-6, 6-7, 7-6) et propulse son pays en quarts de finale. L’Australie brille également en double face à la Grande-Bretagne, Kyrgios et De Minaur s’imposant 18-16 au super tie-break pour atteindre les demi-finales.

Mais la grande force du tournoi reste la Serbie. Portée par un Novak Djokovic impérial, elle remporte la toute première ATP Cup en battant l’Espagne de Rafael Nadal en finale. La fin du deuxième set, particulièrement tendue, reste dans les mémoires, même si Djokovic confirme une nouvelle fois sa domination sur dur face à son grand rival.

En 2021, le Covid bouleverse la compétition

Après une première édition très réussie, l’ATP Cup connaît une deuxième édition largement perturbée par la pandémie de Covid-19. Les organisateurs doivent revoir leur format : le nombre d’équipes est réduit de 24 à 12 et les rencontres sont toutes jouées à Melbourne.

Seuls les vainqueurs de groupe accèdent aux demi-finales, avant la finale. Malgré un plateau toujours attractif, les contraintes sanitaires pèsent lourdement sur le déroulement du tournoi.

Au terme de cinq jours de compétition, la Russie s’impose en finale face à l’Italie.

En 2022, un tournoi à bout de souffle

L’édition 2022 confirme le déclin de l’ATP Cup. Novak Djokovic est forfait en raison de ses problèmes de visa en Australie, tandis que Rafael Nadal choisit de privilégier le tournoi de préparation de Melbourne.

Privée de ses deux plus grandes stars, la compétition voit le Canada, emmené par Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov, remporter le titre face à l’Espagne. Ce sera la dernière édition de l’ATP Cup, rapidement remplacée par une nouvelle épreuve renouant avec l’esprit de la Hopman Cup.

UNITED CUP : QUAND L'ATP ET LA WTA UNISSENT LEURS FORCES

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À l’été 2022, l’ATP et la WTA, longtemps habituées à piloter leurs circuits respectifs de manière indépendante, décident d’unir leurs forces pour lancer une nouvelle compétition par équipes mixtes : la United Cup.

Pensée comme la succession naturelle de l’ATP Cup — dont les débuts prometteurs avaient peu à peu laissé place à un certain essoufflement lors de ses dernières éditions — cette nouvelle épreuve ambitionne de redonner un souffle au tennis par nations en début de saison.

Alors président de la WTA, Steve Simon soulignait l’importance stratégique de cette initiative commune :

« La United Cup est une collaboration importante et stratégique entre la WTA, l'ATP et la Fédération australienne de tennis, qui reflète un engagement continu à faire progresser notre sport. Ce tournoi par équipes, mêlant simples et doubles mixtes, réunira sur un même court des étoiles montantes et des joueurs confirmés de nos deux circuits. »

11 millions de dollars en jeu et une prime de participation garantie

Dans son principe, la United Cup reprend les grandes lignes du format de l’ATP Cup, tout en y apportant deux évolutions majeures. Chaque confrontation comprend désormais un simple féminin, un simple masculin, puis un double mixte servant de match décisif. Une formule qui renoue clairement avec l’esprit de la Hopman Cup, compétition emblématique mais jamais officiellement reconnue par l’ATP ou la WTA.

À l’image de l’ATP Cup, la United Cup attribue des points de classement aux joueurs et joueuses engagés, tout en offrant un prize money particulièrement attractif : plus de 11 millions de dollars ont ainsi été redistribués lors de l’édition 2025, assortis d’une prime de participation garantie pour chaque concurrent.

Enfin, le système de qualification repose sur un équilibre entre les deux circuits. Dix-huit nations peuvent prétendre à une place grâce au classement ATP de leur meilleur joueur, au classement WTA de leur meilleure joueuse, ou à un classement combiné des deux, renforçant encore la dimension mixte et collective de l’événement.

« La saison est déjà très individuelle, donc c’est agréable »

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Le format convainc rapidement les joueuses et joueurs, à l’image de Coco Gauff. Début 2025, l’Américaine avait ainsi choisi de renoncer au tournoi d’Auckland pour privilégier l’atmosphère collective de la United Cup.

« Je voulais évoluer dans un contexte de compétition plus relevé, tout en ayant l’opportunité de disputer une épreuve par équipes. La saison est déjà très individuelle, donc c’est agréable de pouvoir jouer quelques matchs mixtes », expliquait-elle face à la presse.

Craig Tiley, directeur de l’Open d’Australie, n’a pas tardé à saluer le lancement réussi de la compétition dès 2023 : « C’est un tournoi fantastique. Les tribunes étaient pleines, avec près de 40 000 spectateurs réunis sur une seule journée à Brisbane, Perth et Sydney. Le succès est réel et les retours des joueurs sont extrêmement positifs. »

La United Cup favorise également des scénarios inédits, comme la perspective en 2025 d’un double mixte opposant Alex de Minaur et Katie Boulter, fiancés, mais représentants de deux nations différentes, l’Australie et la Grande-Bretagne.

Interrogé sur cette éventualité, le n°1 australien avait répondu avec humour : il avouait préférer partager le court avec sa compagne plutôt que de l’affronter, avant de relativiser en souriant sur ses propres performances : « Je crois que je reste sur une série de 0 victoire pour 10 défaites en double ces deux dernières années. »

« Nous serions ravis qu’Alcaraz et Sinner viennent »

La présence conjointe des stars masculines et féminines a également été perçue comme un atout majeur.

Iga Świątek, Novak Djokovic ou encore Coco Gauff ont contribué à crédibiliser l’événement dès ses débuts, renforçant son attractivité médiatique.

La compétition ambitionne également un jour de réunir les deux plus grandes stars du circuit masculin actuel : Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. « Nous serions ravis que Carlos et Jannik viennent. Mais le plateau est déjà très relevé. » assure Stephen Farrow, directeur du tournoi.

La comparaison avec la Hopman Cup s’est naturellement imposée. Si cette dernière conservait une dimension plus légère, la United Cup revendique un positionnement nettement plus compétitif, appuyé par l’attribution de points ATP et WTA. Là où la Hopman Cup privilégiait la convivialité et l’innovation, la United Cup ambitionne de conjuguer héritage et modernité, spectacle et performance.

En ce sens, les premiers retours indiquent que la United Cup ne se contente pas de remplacer ses prédécesseurs : elle redéfinit le modèle du tennis par équipes mixtes, en l’inscrivant durablement au cœur du tennis professionnel contemporain.

Et l’avenir de la compétition ne semble pas être menacé à long terme par les changements opérés au sein des calendriers ATP et WTA :

« C’est un événement que les joueurs ont envie de jouer, que les fans veulent voir et qui grandit chaque année. Nous avons un accord sur le long terme avec les instances, il n’y a aucune raison que cela change. », conclu Farrow.

UNE TRADITION RÉINVENTÉE

De la Hopman Cup à la United Cup, les compétitions par équipes du début de saison ont profondément évolué. D’une compétition conviviale et pionnière à un événement pleinement intégré aux circuits ATP et WTA, ces tournois illustrent la volonté du tennis moderne de concilier spectacle, mixité et enjeux sportifs.

En s’appuyant sur l’héritage du passé tout en répondant aux exigences contemporaines, la United Cup s’impose aujourd’hui comme la nouvelle référence du tennis par nations en début de saison.

Modifié
Novak Djokovic
#4, 4700 points
Cori Gauff
#4, 6749 points
Iga Swiatek
#3, 6948 points
Carlos Alcaraz
#2, 12960 points
Jannik Sinner
#1, 14350 points
Belinda Bencic
#12, 3090 points
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Règles à respecter
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RogerPeteIvan
J'ai l'impression qu'en ce début d'année vous nous faites un package mélangeant bon nombre d'articles déjà publiés est-ce bien nécessaire ?
Personnellement je préfère la qualité à la quantité, que 2026 puisse mieux vous inspirer.
Jules Hypolite
Ce ne sont pas des articles déjà publiés qui sont mélangés ensemble ! Nous publions tout au long de la semaine une série d'extraits qui sont ensuite suivis par la publication complète du dossier le samedi ou le dimanche.

Donc oui, il se peut que quatre ou cinq passages aient déjà été lus de votre côté, mais il reste à chaque fois une grande partie du dossier à découvrir.
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1 réponses
JacquesH
Excellent article
JacquesH
Je me permets d'ajouter qu'on apprend bien plus de ce genre d'articles que d'une 'news' qui ne fait grosso modo que commenter un résultat
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