Cervara revient sur la séparation du duo Alcaraz-Ferrero : « Changer, ce n’est pas forcément mauvais »
Coup de tonnerre dans le tennis mondial : Carlos Alcaraz met fin à sa collaboration avec Juan Carlos Ferrero, son mentor depuis 2018. Une décision qui surprend après une saison 2025 exceptionnelle, et que Gilles Cervara tente de décrypter avec lucidité.
Ce mercredi midi, Carlos Alcaraz a annoncé à la surprise générale la fin de son aventure avec son entraîneur historique Juan Carlos Ferrero. Ce dernier, qui venait de remporter le prix d’entraîneur de l’année avec Samuel Lopez aux ATP Awards, ne sera donc pas aux côtés du numéro 1 mondial en 2026.
Le vainqueur de Roland-Garros en 2003 était le coach du joueur espagnol depuis 2018. C'est une annonce qui a complètement pris de court le monde du tennis. En 2025, Alcaraz a réalisé la meilleure saison de sa carrière, remportant huit titres dont Roland-Garros et l’US Open.
Entraîneur emblématique de Daniil Medvedev entre 2017 et 2025, Gilles Cervara, qui s’occupe désormais de Nishesh Basavareddy, est revenu ces dernières heures sur la séparation du duo Alcaraz-Ferrero.
« Sept ans, c’est très long »
« J'ai remarqué que ces champions-là étaient capables de sentir quand ils avaient besoin de quelque chose de différent, ou de plus, pour continuer d'avancer. Et, si c'est le cas, c'est très intelligent de la part de Carlos pour continuer à progresser.
Je pense - que ce soit le joueur ou l'entraîneur et c'est ce que j'ai vécu avec Daniil (Medvedev) - qu'à un moment donné, c'est important de pouvoir le sentir à l'avance pour ne pas qu'il soit trop tard et être sûr que le changement se fasse pour de bonnes raisons, vers plus de progression.
Maintenant, il n'y a que l'avenir qui pourra juger de cette décision. Rien n'empêche de penser qu'il pourrait rappeler Juan (Carlos Ferrero) s'il gagne moins. Sept ans, c'est très long. Au-delà de trois ans, déjà, ça commence à être long et c'est quelque chose d'important de garder une forme de fraîcheur, de toujours trouver des moyens de progresser, de se challenger.
« De l’extérieur, on a peur du changement mais à l’intérieur, ça peut être nécessaire »
Même au plus haut niveau, même dans une équipe qui gagne, c'est important parce que le très haut niveau est justement fait d'une somme de petits détails et que, le seul moyen de progresser, c'est de se challenger en permanence.
En tant que coach, on est dans cette recherche permanente entre faire ce qu'on sait qui va marcher avec ce joueur parce qu'on le connaît parfaitement et chercher de la nouveauté. Et, parfois, ça ne suffit plus parce que le joueur estime qu'il a besoin de changer d'énergie.
De l'extérieur, souvent, on a peur du changement mais à l'intérieur, ça peut être nécessaire. Personne n'est à l'intérieur de l'équipe donc c'est impossible d'en parler quand on ne sait pas. Changer, ce n'est pas forcément mauvais, ça apporte de nouvelles choses », a assuré Cervara pour l'Équipe.