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Amour, pression, peur de perdre : la mère d’Andy Murray avertit sur les dérives du tennis moderne

Judy Murray met en garde les parents de jeunes joueuses et joueurs : à force de lier amour et victoire, certains enfants finissent par croire qu’ils ne valent quelque chose que s’ils gagnent.

Amour, pression, peur de perdre : la mère d’Andy Murray avertit sur les dérives du tennis moderne
© Judy Andy Murray 2025 Photo by Ian MacNicol GETTY IMAGES EUROPE Getty Images via AFP
Arthur Millot
2 min de lecture

Sur le plateau de Tennis Insider Club, Judy Murray, mère d'Andy, a évoqué la construction humaine d'un futur joueur de tennis professionnel.

« C’est le rôle d’un parent, n’est-ce pas ? Leur donner des ailes pour qu’ils puissent voler. Ils doivent réfléchir par eux-mêmes. Résoudre leurs propres problèmes. »

Un amour qui dépend des résultats

Mais c’est un autre sujet qui tient particulièrement à cœur Judy Murray : celui de l’affection liée aux résultats.

« Les enfants commencent à penser qu'ils ne sont appréciés que s’ils gagnent. Par exemple : "On va chez McDonald’s parce que tu as gagné. Pas de McDonald’s parce que tu as perdu." »

Ce schéma installe la mécanique suivante : récompense en cas de victoire et frustration en cas de défaite. Progressivement, l’enfant n’essaie plus de progresser, mais joue pour éviter de décevoir.

Judy Murray observe alors des jeunes joueurs « prudents, craintifs », cherchant le regard de leurs parents après chaque faute.

Et parfois, confie-t-elle, « le trajet en voiture après un match devient plus angoissant que l’adversaire lui-même. »

L'exemple de l'US Open 2008 et de Wimbledon 2012

Pour illustrer son propos, Judy Murray revient sur la demi-finale de l’US Open 2008 entre Andy Murray et Rafael Nadal.

Le match, déplacé du Arthur Ashe Stadium au court Louis Armstrong à cause de la pluie, se joue dans une atmosphère étouffante.

En plein combat, Andy s’approche du fond du court et lance à sa mère : « Dis-lui de se calmer. »

Car dans les tribunes, son père gesticule et laisse transparaître son stress.

« Nos enfants absorbent tout ce que nous faisons », insiste Judy.

Autre scène révélatrice : la finale de Wimbledon 2012. Le matin du match, Judy Murray prend une décision radicale : s’éloigner, car elle sait que son stress serait visible.

Elle choisit donc de laisser Andy avec son équipe. « Les parents peuvent tout gâcher avec un mot, un geste ou un comportement malheureux », explique-t-elle.

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