Amour, pression, peur de perdre : la mère d’Andy Murray avertit sur les dérives du tennis moderne
Judy Murray met en garde les parents de jeunes joueuses et joueurs : à force de lier amour et victoire, certains enfants finissent par croire qu’ils ne valent quelque chose que s’ils gagnent.
Sur le plateau de Tennis Insider Club, Judy Murray, mère d'Andy, a évoqué la construction humaine d'un futur joueur de tennis professionnel.
« C’est le rôle d’un parent, n’est-ce pas ? Leur donner des ailes pour qu’ils puissent voler. Ils doivent réfléchir par eux-mêmes. Résoudre leurs propres problèmes. »
Un amour qui dépend des résultats
Mais c’est un autre sujet qui tient particulièrement à cœur Judy Murray : celui de l’affection liée aux résultats.
« Les enfants commencent à penser qu'ils ne sont appréciés que s’ils gagnent. Par exemple : "On va chez McDonald’s parce que tu as gagné. Pas de McDonald’s parce que tu as perdu." »
Ce schéma installe la mécanique suivante : récompense en cas de victoire et frustration en cas de défaite. Progressivement, l’enfant n’essaie plus de progresser, mais joue pour éviter de décevoir.
Judy Murray observe alors des jeunes joueurs « prudents, craintifs », cherchant le regard de leurs parents après chaque faute.
Et parfois, confie-t-elle, « le trajet en voiture après un match devient plus angoissant que l’adversaire lui-même. »
L'exemple de l'US Open 2008 et de Wimbledon 2012
Pour illustrer son propos, Judy Murray revient sur la demi-finale de l’US Open 2008 entre Andy Murray et Rafael Nadal.
Le match, déplacé du Arthur Ashe Stadium au court Louis Armstrong à cause de la pluie, se joue dans une atmosphère étouffante.
En plein combat, Andy s’approche du fond du court et lance à sa mère : « Dis-lui de se calmer. »
Car dans les tribunes, son père gesticule et laisse transparaître son stress.
« Nos enfants absorbent tout ce que nous faisons », insiste Judy.
Autre scène révélatrice : la finale de Wimbledon 2012. Le matin du match, Judy Murray prend une décision radicale : s’éloigner, car elle sait que son stress serait visible.
Elle choisit donc de laisser Andy avec son équipe. « Les parents peuvent tout gâcher avec un mot, un geste ou un comportement malheureux », explique-t-elle.