« J’ai eu l’impression que c’était ma première fois à Wimbledon », confie Alcaraz, difficile vainqueur de Fognini au premier tour
Double tenant du titre, Carlos Alcaraz a entamé sa campagne vers un troisième sacre par un succès étriqué (7-5, 6-7, 7-5, 2-6, 6-1) contre Fabio Fognini, 38 ans et 138e mondial.
Invaincu depuis le Masters 1000 de Rome, le n°2 mondial a admis en conférence de presse avoir ressenti beaucoup de nervosité lors de cette entrée en lice :
« Je savais d’entrée que jouer Fabio serait compliqué. Je sais que c’est sa dernière année, que ce sont ses derniers tournois. Mais cela n’a pas d’importance, car il a un talent immense. A chaque match, il est capable de jouer son meilleur tennis et ça a été le cas aujourd’hui. Je suis très fier d’avoir trouvé la solution et de m’être donné une chance de m’améliorer au prochain tour. […]
J’ai eu l’impression que c’était ma première fois à Wimbledon. C’est un tournoi différent. Peu importe ma série de victoires, mon niveau de jeu sur herbe et ma préparation : Wimbledon est différent. Au début, j’étais très nerveux. C’est un vrai honneur d’inaugurer le court central, donc c’était comme une première fois. J’ai essayé de gérer mes nerfs du mieux possible, mais j’ai souffert. »
Peut-être sans intérêt pour les autres utilisateurs, mais j'ai suivi la carrière de Maria Sharapova de Wimbledon 2004 jusqu'à l'Open d'Australie 2020 et quand j'écris suivi, c'est tous ses matches en intégralité, il m'arrivait même de demander à quitter le boulot plus tôt quand je savais à quelle heure elle jouait. Je ressens presque la même excitation aujourd'hui avec Carlos Alcaraz, mais surtout j'ai l'impression de revivre les matchs de Maria de façon étrangement similaire. Même si Maria est un ton ou deux au dessus de Carlos point de vue mental, les deux déroulent leurs matchs exactement de la même manière. Combien de fois ils mènent largement, 4-2, 5-2, 5-3, et ils se font rejoindre, pour souvent s'incliner au jeu décisif, un principe que ni l'un ni l'autre ne savent gérer. Maria a dû gagner 10 tie break dans sa carrière pour en avoir perdu plus d'une trentaine. Pour Carlos je sais pas, mais si on avait la stat, la balance serait clairement du côté perdus. Déjà 3 perdus entre le queen's et son premier match à Wimbledon...
Une chose quand même sépare les deux champions : Maria était un roc mentalement, elle n'a jamais perdu un match de plus de 3h, ce qui lui est souvent arrivé, même si elle perdait avec 3 balles de match pour elle comme contre Serena Williams en 2005 ou Kim Clijsters en 2010, derrière elle se replongeait dans la bataille et remportait même des tournois rapidement.
Carlos Alcaraz est extrêmement fragile mentalement, et ce n'est pas parce qu'il est jeune, lorsqu'il perd un match important, il lui faut au moins 3 mois pour se rétablir et le temps de sortir la tête de l'eau, il joue avec une main tremblante. Autre indicateur chez les deux joueurs, leurs cris au moment de la frappe, chez Maria il y avait une intensité si forte qu'on entendait même pas l'impact de la balle dans la raquette. Chez Carlos, le cri est plus un gémissement qui va crescendo selon l'intensité de l'échange. Et on peut deviner son niveau de nervosité en fonction de ce gémissement. Et contre fognini, on aurait dit un petit garçon qui jouait son tout premier match.
Il a tout pour lui, la gentillesse, la classe, le charme, le talent inné, le palmarès, l'argent bien-sûr...et il arrive encore sur un court de tennis avec non pas la peur de perdre, mais la légendaire peur de gagner...