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Medvedev : "C’est une honte de jouer sur un court si lent. Je vais aux toilettes mais je m’en fiche,
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C'est un débat intéressant. Daniil a eu raison de le soulever (même si c'est en plein match et que l'arbitre n'y peut rien !).

Voici un article complet, que je mets in extenso car il est réservé aux abonnés.

« Quelle honte » : Medvedev fustige encore la lenteur des courts d'Indian Wells

Daniil Medvedev s'est trouvé un terrain d'attaque en critiquant l'extrême lenteur de la surface d'Indian Wells. Tout en se qualifiant ici pour la première fois en quarts de finale après sa victoire acharnée contre Alexander Zverev.

L'EQUIPE. Franck Ramella, à Indian Wells (USA)

mis à jour le 15 mars 2023 à 09h55

L'artiste Daniil Medvedev, expert en tirades impayables et postures improbables, a encore frappé en menant une croisade obsessionnelle et grinçante contre la surface. Qui, dirait-on, lui a fait payer, lorsqu'il s'est donné une entorse sur une glissade en contrepied dans sa victoire face à Alexander Zverev, mardi (6 [5]-7, 7-6 [5], 7-5). Un acte manqué ? Même pas. Frustré, bandé pour la première fois de sa carrière, le Russe n'est pas homme à renoncer.

S'il a frôlé le précipice dans ce drama à moult rebondissements, en sauvant neuf balles de break (sur 9) dans le deuxième set, il a renâclé sans abdiquer, avant de faire enfin tomber la foudre au service dans le troisième set. Le tout en 3 h 17, pour mieux prouver que tout pouvait être très, très long, et très, très lent ici.

La saga avait commencé dimanche soir face à Ilya Ivashka, alors que le Biélorusse venait d'égaliser à une manche partout. Pour sa pause toilette, le Russe avait alors décidé qu'il adapterait son temps de pause à la lenteur estimée de la surface. Et qu'il allait donc mettre vingt-cinq minutes pour son aller-retour au vestiaire puisqu'il fallait au moins dix bons coups pour faire un point sur ce terrain où la balle n'avançait décidément pas.

Et rebelote ce mardi, alors que Zverev venait de remporter la première manche à sa cinquième balle de set. « Et ils appellent ça "hard-court", ruminait-il face à l'arbitre. Quelle honte d'appeler ce terrain horrible un terrain dur. S'ils nous autorisent à jouer sur un tel terrain, je peux me permettre de faire ce que je veux. » Le Russe a de la suite dans les idées. « Et je sais de quoi je parle, je suis un spécialiste de hard-court », marmonnera-t-il plus tard. À moduler en gif, punchline ou autre. « C'est un enfant », souriait l'Allemand sur sa chaise.

C'est comme si le Russe faisait mine d'oublier qu'Indian Wells est une escale un brin hors norme qui doit plus sa réputation à son cadre qu'à la qualité de ses conditions de jeu. « C'est comme chaque année, témoignait Félix Auger-Aliassime. La surface est plutôt "normale", pour moi ça dépend des balles et de la température. S'il fait plus chaud, si on joue le soir ou pas... Mais c'est vrai que c'est l'un des tournois où il peut y avoir les plus grosses différences de conditions. Après plusieurs jeux, les balles grossissent un peu, ça devient plus lent et plus difficile de faire un coup gagnant sur un coup de raquette, mais avec l'air sec ça vole un peu. Ça ne retombe pas. Au retour, par exemple, j'ai eu du mal parfois même si je sentais que j'en avais un de bon avec ma raquette. »

Mais Medvedev, qui sait aussi qu'il a toujours eu du mal à jouer dans le désert, a besoin de se créer des tourments intérieurs, sans doute sa marque de fabrique pour mieux surmonter les challenges.

On peut sans doute ainsi comprendre ce petit coup de gueule, sans être certain que les conditions le désavantagent tant que ça. Les quelques joueurs qui peuvent faire des points en une ou deux frappes, notamment comme Taylor Fritz, Carlos Alcaraz, Jannik Sinner, Alejandro Davidovich Fokina ou Grigor Dimitrov peuvent en tirer un gros profit. Mais si les sensations viennent à fléchir et que la balle s'échappe, le joueur plus solide peut reprendre la main. Et Medvedev (s'il garde son calme) en fait partie, tout comme Cameron Norrie ou Hubert Hurkacz. Alors ?

Et si le vrai problème, en fait, venait des balles ? Une analyse des vitesses moyennes a montré qu'à vitesse de service égale pour Medvedev entre 2022 et 2023 (196 km/h), celle de la balle décélérait beaucoup à l'impact au retour (51 cette année contre 70 l'an passé), ce qui pourrait donner crédit à la frustration du Russe.

« C'est la première année où je trouve que c'est lent, appuyait Stan Wawrinka. Cette année, ici, clairement ce sont les balles qui font ça. Personnellement, j'ai l'impression que les balles, quelles que soient les marques, ont énormément perdu en qualité. On a l'impression, comme à Melbourne, qu'elles sont mortes après deux jeux. Ce n'est pas le terrain qui a changé, il reste granuleux. Le premier jeu avec balles neuves, ça vole, ça va vite, ça gicle. Après... »

La suite n'est qu'une affaire d'état d'esprit. Au terme de sa 17e victoire consécutive, dans l'attente de voir ce que donneront les examens sur sa cheville, Medvedev reconnaissait avoir retrouvé du relâchement après le coup du sort. « Pendant dix minutes après l'entorse, je n'ai plus pensé à rien d'autre, et ça m'a permis d'être plus agressif. » Comme quoi.

publié le 15 mars 2023 à 08h09

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1 1 commentaires
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Saque86
Saque86 • 94 abonnés
Merci pour l'article, Imhotep.
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