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Pourquoi la victoire de Marta Kostyuk à Madrid marque-t-elle un point de confirmation absolue ?

Je suis cette joueuse depuis décembre 2015, le jour où elle réalise le doublé historique en remportant Bradenton et l’Orange Bowl (deux tournois de prestige) dans la catégorie U14, à seulement 13 ans et demi. Avant elle, seules Jessica Lehnhoff (1994), Sorana Cîrstea (2003), Anna Orlik (2006) et Anastasia Potapova (2014) avaient réussi cet exploit.

Un mois plus tard, en janvier 2016, elle triomphe en France aux Petits As face aux meilleures joueuses de sa génération. Cette même année, elle débute sur le circuit junior, remporte la Fed Cup U14 avec l’Ukraine, termine 23e mondiale junior et gagne ses deux premiers matchs ITF, le tout à seulement 13-14 ans.

Sa domination se poursuit début 2017 avec une victoire à l’Open d’Australie junior à 14 ans et 7 mois, puis au Masters junior en fin d’année. Elle conclut la saison à la 2e place mondiale junior. Cette même année, elle remporte également le tournoi ITF de Dunakeszi (25 000 $) en battant Bernarda Pera en finale.

Elle devient professionnelle en 2018 et s’impose alors comme la joueuse la plus prometteuse de la génération 2002. Au début de la saison 2019, elle fait partie des cinq joueuses de moins de 18 ans les mieux classées sur le circuit WTA et est la plus jeune : Anastasia Potapova (93e), Amanda Anisimova (96e), Olga Danilović (108e), Marta Kostyuk (119e) et Iga Świątek (186e).

Cependant, sa progression vers le sommet se fait plus progressivement, freinée par quelques blessures, avec des résultats moins verticaux que prévu. Pendant ce temps, presque toutes les autres joueuses nées en 2002 attirent davantage la lumière, malgré l’exposition médiatique dont elle a bénéficié en atteignant le troisième tour de l’Open d’Australie 2018 pour son premier Grand Chelem à seulement 15 ans et demi.

Malgré tout ça, elle semblait dans l’ombre de toutes les autres. L’année de son sacre à l’Open d’Australie junior 2017, c’est Whitney Osuigwe qui termine numéro 1 mondiale junior, notamment grâce à sa victoire à Roland-Garros cette année-là. Deux ans plus tard, à 17 ans, Clara Tauson, Leylah Fernandez et Daria Snigur, toutes nées en 2002, remportent respectivement l’Open d’Australie junior 2019, Roland-Garros junior 2019 et Wimbledon junior 2019, alors que Kostyuk évolue déjà depuis près de deux ans au plus haut niveau.

Leylah Fernandez se révèle au grand public en atteignant la finale d’Acapulco en 2020, puis en remportant Monterrey en 2021, avant de disputer la finale de l’US Open la même année.

Emma Raducanu reste, à ce jour, le visage le plus marquant de cette génération, avec sa victoire surprise à l’US Open 2021.

Clara Tauson explose également en 2021 en remportant les tournois de Lyon et de Luxembourg.

Diane Parry atteint trois finales de tournois WTA 125 en novembre 2021, gagnant ainsi en visibilité.

Enfin, Zheng Qinwen s’impose comme l’une des meilleures joueuses mondiales en atteignant la 4e place mondiale en 2025, après avoir remporté les Jeux olympiques 2024, le tournoi de Tokyo 2024 et disputé plusieurs finales majeures (Open d’Australie, Wuhan, Masters à Riyad).

Il est intéressant de noter que presque toutes ces joueuses étaient déjà présentes lors du sacre de Kostyuk aux Petits As en 2016 : Emma Raducanu, Diane Parry et Clara Tauson s’inclinent au premier tour ; Leylah Fernandez est battue par Kostyuk au deuxième tour ; Zheng s’arrête au troisième ; tandis que Daria Snigur, tête de série n°1, chute en quart de finale. La finaliste Denise Hindová, quant à elle, n’a jamais intégré le Top 500.

Des joueuses comme Belinda Bencic, Catherine Bellis, Anastasia Potapova, Amanda Anisimova ou, plus récemment, Coco Gauff, les sœurs Fruhvirtová ainsi que Mirra Andreeva, ont connu une jeunesse dorée grâce à leurs résultats précoces. Elles se sont rapidement démarquées, au point d’être perçues très tôt — parfois trop tôt — comme de futures très grandes joueuses.

Mais toutes les trajectoires ne se construisent pas dans la précocité éclatante : certaines demandent du temps, des ajustements et une capacité à encaisser les obstacles pour éclore pleinement.

Je souhaite donc le meilleur à Marta Kostyuk pour la suite. J’espère sincèrement que ce titre à Madrid sera le premier d’une longue série et qu’elle construira l’une des plus belles carrières possibles.

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4 4 commentaires
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TTGroove
/TTGroove • 11 abonnés
Merci infiniment pour cet article !
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andromeda
andromeda • MC • 243 abonnés
Merci pour ce texte très instructif ! Que le meilleur continue pour Marta.
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Traintrain
/Traintrain • 52 abonnés
Merci beaucoup RW pour cette analyse si détaillée 👏👏!
Allez Marta, je lui souhaite de se rapprocher des sommets🏆🥇🎾!
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kiefer
kiefer • 164 abonnés
Très intéressant oui, je souhaite aussi à Marta de continuer comme à Madrid
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